TROISIÈME RÉPUBLIQUE
4 septembre 1870 - 10 juillet 1940

 

 

Première présidence de Albert Lebrun
du  10 mai 1932 au 11 mai 1939

 

Lebrun_3.jpg (17980 octets)

Albert Lebrun (1871 - 1950)


Né à Mercy-le-Haut (Meurthe et Moselle) dans une famille paysanne. Il sort Major de Polytechnique (1892) puis ingénieur des mines (1896). Marié à une femme aussi discrète que lui il est père de deux enfants. Il fait une courte carrière militaire et à 30 ans il entame une carrière politique. Ses qualités sont reconnues de tous , honnête, vertueux, courtois, consciencieux, il inspire confiance. Républicain de gauche il commence sa carrière ministérielle en 1911 dans le gouvernement Monis (présidence d' Armand Fallières) comme ministre des colonies, portefeuille qu'il conserve dans le gouvernement Poincaré puis dans le gouvernement de Gaston Doumergue . Georges Clemenceau qui apprécie sa conscience du devoir lui confie les régions libérées en 1918, Il entre au Sénat en 1920 sous l’étiquette “républicain de gauche” et y préside la commission de l’armée. En 1926, il devient vice-président puis président de la Haute Assemblée, en 1931, en remplacement de Paul Doumer, appelé à l’Élysée. Il est élu à la Présidence de la République après l'assassinat de Paul Doumer, mais il n'est pas l'homme de la situation qui devra affronter une époque troublée alors qu' on parle "d'innocente neutralité" et "du plus falot de nos présidents". Son mandat prendra fin en 1939 alors qu'Hitler vient d'envahir la Tchécoslovaquie et que la France et l'Angleterre se prépare à la guerre. Il est réélu sans discussion.

Histoire des Présidents - EDL

 

Président de l'Assemblée Nationale du  03 juin 1932 au 31 mai 1936:
Fernand Bouisson  (non inscrit)

 


1 - LE GOUVERNEMENT HERRIOT
du    7 juin 1932 au 15 décembre 1932

Édouard Herriot  (1872 - 1957)


Fils d'un officier sorti du rang, Agrégé de lettres en 1893, professeur
Fondateur de la section lyonnaise de la ligue des Droits de l'Homme Adjoint au maire de Lyon en 1904, il est chargé des questions d'enseignement. Dirigeant important du Parti radical, il est élu maire de Lyon en 1905. Il modifie profondément l'urbanisme de la ville
En 1912, il entre à la Haute-Assemblée comme sénateur du Rhône et s'inscrit au groupe de la Gauche Démocratique, Radicale et Radicale-Socialiste. Quatre ans plus tard, il devient ministre des Travaux publics, du transport et du ravitaillement.
En 1919, il préside le Parti Radical qui rompt en 1923 avec la majorité du Bloc National et s'associe aux socialistes au sein du Cartel des Gauches. La victoire électorale de cette coalition en 1924 conduit Herriot à la présidence du Conseil en juin 1924. Il est renversé en avril 1925. Il est a nouveau président du conseil en 26 pendant 3 jours. Il est ensuite ministre de l'instruction publique dans le premier gouvernement Poincaré qui va durer un peu plus de 2 ans de juillet 26 à à novembre 28. La chute du gouvernement est provoqué par Caillaux et Daladier qui ont fait voter une motion au parti radical critiquant la participation au gouvernement Poincaré Herriot et les autres ministres radicaux sont donc obligé de quitter le gouvernement .

 

Herriot.jpg (20229 octets)

Gouvernement

Affaires étrangères Edouard Herriot Professeur Radical-Socialiste
Education nationale Anatole de Monzie Avocat Gauche démocratique
Justice  René Renoult Avocat  Radical
I ntérieur Camille Chautemps Radical socialiste
Finances Louis-Germain Germain-Martin Professeur Gauche radicale
Budget Maurice Palmade Professeur Radical socialiste
Guerre Paul-Boncour Avocat  Socialiste
Commerce  et Industrie Julien Durand Avocat Radical-Socialiste
Marine Georges Leygues Journaliste, poète Union démocratique
Travaux publics Edouard Daladier Professeur Radical
Agriculture Abel Gardey Avocat Radical-Socialiste
Colonies Albert Sarraut Journaliste Artiste peintre Radical socialiste
Travail Albert Dalimier Avocat Radical-Socialiste
Pensions Aimé Berthod Professeur Radical socialiste
Air Paul Painlevé Professeur Républicain socialiste
PTT Henri Queuille Dr en médecine Radical-Socialiste
Marine marchande Léon Meyer Courtier en café Radical-Socialiste
Santé publique Justin Godart Avocat Radical-Socialiste

Histoire de France contemporaine - 18971 - 1913 -  Larousse

En juin le britannique James Chadwick découvre à Cambridge le Neutron. Il sera nobélisé en 1935

De juin à juillet se tient la conférence de Lausanne (photo de droite) les délégations française et anglaise s'opposent sur la question des dommages de guerre. La France veut des garanties , les Anglais trouvent cela "ridiculous and insulting"
Débat à la chambre des problèmes financiers les dispositions du gouvernement sont adoptées en juillet 1932.

Le 31 juillet en Allemagne aux élections du Reichstag le parti national-socialiste obtient 37% des voix il est devenu le parti le plus puissant. L'Allemagne qui réarme clandestinement aidée par la Russie quitte la conférence du désarmement à Genève suite à un rejet de ses propositions et conditionne son retour à une égalité de droits avec la France en matière d'armement. En novembre, les nazis perdent 2 millions de voix (33%) mais conservent 196 députés. Léon Blum y verra pour Hitler une exclusion du pouvoir

Le 26 octobre Daladier, ministre des travaux publics, présente à la chambre son projet de fusion des compagnies de chemin de fer en une seule.

En novembre le gouvernement français demande aux États Unis un moratoire pour le paiement des dettes de guerre, l'Allemagne étant en cessation de paiement. Les États Unis refusent. Ce problème est débattu à la chambre le 12 décembre, le gouvernement mis en minorité est renversé.

Précédentes: 1931 Informations économiques - 1932 Suivantes: 1933
Aux états Unis Hoover perd les élections. Prisonnier de la doctrine des Républicains de non intervention de l'État, il n'a rien fait pour contrecarrer la crise se limitant à faire des discours rassurants "la prospérité est au coin de la rue". Roosevelt, le candidat démocrate  qui vient d'être élu propose le "New Deal ", l'État  intervient dans l'économie . C'est une innovation.
Cependant le désastre est général la production d'acier dans le monde passe de 120 millions de tonnes avant la crise à 50 millions en 1932. La production de voitures passe de 6,3 millions à 1,9 . Dans les pays industrialisés le chômage
est évalué à 30 millions dont 12 aux USA (24% de la population) et 6 en Allemagne ( 17% de la population), 16% au Japon, 13% au Royaume-Uni qui seul avait instauré une allocation de chômage dés 1908. Dans tous les autre pays les miséreux errent d'asile en soupe populaire, les agriculteurs abandonnent leur ferme et viennent grossir la masse des miséreux des villes. On évalue le nombre des chômeurs dans les pays industrialisés à 30 millions dont 12 millions aux Etats Unis ( 24% de la population active) 6 millions d'Allemand ( 17% de la des actifs), 16% au Japon, 13% en Angleterre.
 

La France se protège des importations en relevant les droits de douane. La France est en récession, la production décroît malgré la baisse des prix.

  1928 1929 1930 1931 1932
Production industrielle 100 108 105 101 96
Prix de gros 100 97 85 77 66
Prix de détail 100 106 105 104 93

Sciences:
Suite aux prévisions de Paul Dirac l'an passé l'Américain Carl Anderson découvre l'antiélectron également appelé le positon (ou positron)

Le président de la République après un refus d' Herriot et de Chautemps charge Paul-Boncour de former le nouveau gouvernement


2 - LE GOUVERNEMENT PAUL-BONCOUR
; du    22 décembre 1932 au 28 janvier 1933


Joseph PAUL-BONCOUR  (1873 - 1972)

Docteur en droit, avocat. Il est secrétaire particulier de Waldeck-Rousseau en 1899, il devient Directeur de cabinet et Directeur personnel de Viviani au ministère du Travail de 1906 à 1919. Élu au Conseil général du Loir-et-Cher de 1909 à 1919, il entre à la Chambre comme député du Loir-et-Cher en 1909 puis député du Tarn en 1924. Il sera réélu en 1928.
Il est ministre du Travail et de la prévoyance sociale en 1911 dans le gouvernement Monis (sous la présidence d'Armand Fallières), il adhère à la SFIO de 1916 à 1931.
De 1931 à 1941, il est élu sénateur du Loir-et-Cher et s'inscrit au groupe de la Gauche Démocratique, Radicale et Radicale-Socialiste. Parallèlement, il assied son influence locale dans le Tarn en entrant au Conseil général qui le porte à sa présidence en octobre 1932. En 1932 il est ministre de la Guerre dans le 3ème cabinet d'Herriot et à la chute de celui-ci il devient président du Conseil . Il sera ministre des Affaires étrangères, portefeuille qu'il conservera pendant une année.
En 1934, il reprendra le ministère de la Défense nationale puis entrera dans le 2éme Cabinet Sarraut comme Ministre d'Etat en 1936. Il reviendra aux Affaires étrangères en 1938 dans le 2éme cabinet Blum.
En juillet 1940, il refusera d'accorder au Maréchal Pétain les pleins pouvoirs constituants. A la Libération, il rejoindra la SFIO, qu'il représentera à l'Assemblée consultative puis au Conseil de la République. Il la quittera en 1951 et se retirera de la vie politique.
 

Boncour.jpg (34533 octets)

Gouvernement

Affaires étrangères Paul-Boncour Avocat  Socialiste
Education nationale Anatole  de Monzie Avocat Gauche démocratique
Justice  Abel Gardey Avocat Radical-Socialiste
Intérieur Camille Chautemps Radical socialiste
Finances Henri Chéron Avocat Gauche radicale
Guerre Edouard Daladier Professeur Radical
Commerce   et Industrie Julien Durant Avocat Radical-Socialiste
Marine Georges Leygues Journaliste, poète Union démocratique
Travaux publics Georges Bonnet Haut fonctionnaire Radical-Socialiste
Agriculture Henri Queuille Dr en médecine Radical-Socialiste
Colonies Albert Sarraut Journaliste Artiste peintre Radical socialiste
Travail Albert Dalimier Avocat Radical-Socialiste
Pensions Edmond Miellet Professeur Radical-Socialiste
Air Paul Painlevé Professeur Républicain socialiste
PTT Laurent-Eynac Avocat Radical
Marine marchande Léon Meyer Courtier en café Radical-Socialiste
Santé publique Charles Daniélou Romancier Journaliste Gauche radicale

Histoire de France contemporaine - 18971 - 1913 -  Larousse

Le 13 décembre, la chambre examine les projets financiers du gouvernement. Ils consistent notamment à relever les impôts directs de 5%. La question de confiance est posée à plusieurs reprises . Le gouvernement est renversé


3 - PREMIER GOUVERNEMENT DALADIER
du 3 février 1933 au 23 octobre 1933

 

Édouard Daladier  (1884 - 1970)

Fils d'un boulanger républicain dreyfusard, agrégé d' histoire, ancien élève d'Herriot, il commence sa carrière dans son sillage. Maire de Carpentras en 1912, mobilisé en 1914 sa conduite au feu lui vaut plusieurs citations. Député du Vaucluse en 1919 il commence se carrière ministérielle dans le gouvernement Herriot ( sous la présidence de Gaston Doumergue) en 1924 avec le portefeuille des colonies, il poursuit dans le second gouvernement Painlevé avec le ministère de la guerre, puis l'instruction publique dans le premier gouvernement Briand. Ce sera ensuite l'instruction publique avec Herriot en juin 26, puis les travaux publics avec Steeg portefeuille qu'il retrouve dans le gouvernement Herriot en 1932 . En 1927 il s'écarte d' Herriot dont il conteste la politique d'union national notamment après l'échec du Cartel des gauches, il prend le contrôle du parti radical. le 6 novembre 28 au congrès du parti radical d'Angers, Caillaux et lui feront voter en séance de nuit par une assemblée clairsemée la non participation au gouvernement Poincaré ( de droite) obligeant Herriot et les autres radicaux à démissionner.

Daladier_3.jpg (19537 octets)

Site des 1er ministres - http://www.archives.premier-ministre.gouv.fr/

Gouvernement

Affaires étrangères Paul-Boncour Avocat  Socialiste
Education nationale Anatole de Monzie Avocat Gauche démocratique
Justice  Eugène Penancier Magistrat  Gauche démocratique
I ntérieur Camille Chautemps Radical socialiste
Finances Georges Bonnet Haut fonctionnaire Radical-Socialiste
Budget Lucien Lamoureux Avocat  Radical Socialiste
Guerre Edouard Daladier Professeur Radical
Commerce   et Industrie Louis Serre Industriel Radical Socialiste
Marine Georges Leygues remplacé par Albert Sarraut le 2 septembre Journaliste, poète Union démocratique (Leygues) Journaliste Artiste peintre Radical socialiste (Sarraut)
Travaux publics Joseph Paganon Ingénieur chimiste Radical Socialiste
Agriculture Henri Queuille Dr en médecine Radical-Socialiste
Colonies Albert Sarraut remplacé par Albert Dalimier le 2 septembre Journaliste Artiste peintre Radical socialiste (Sarraut) Avocat Radical-Socialiste (Dalimier)
Travail François Albert Journaliste
Pensions Edmond Miellet Professeur Radical-Socialiste
Air Pierre Cot Professeur Radical-Socialiste
PTT Laurent-Eynac Avocat Radical
Marine marchande Eugène Frot Avocat  Socialiste
Santé publique Charles Danielou Romancier Journaliste Gauche radicale

1933

Le 30 janvier1933 le maréchal -président Hindenburg appelle Adolf Hitler aux fonctions de Chancelier. Le 1er février Hindenburg sous la pression d'Hitler promet de dissoudre le Reichstag pour les élections prévues le 5 mars. Le 27 février le Reichstag est incendié, Hitler y voit une action des communistes. Dés le lendemain Hindenburg accepte d'entériner les décrets "pour la défense contre les actes de violence communistes dangereux pour l' État". En dépit de la terreur que font régner les nazis ceux-ci n'obtiennent pas la majorité aux élections du 5 mars (44% des voix 288 sièges). Les nationalistes qui obtiennent 52 sièges s'allient aux nazis pour former une majorité.

En avril en Allemagne début des actions anti juives. Les Juifs ne peuvent plus être fonctionnaire


Le 17 avril 1933 les socialistes débattent de leur comportement à l'égard du gouvernement certains comme Léon Blum préconisent une politique de soutient d'autre comme Pierre Renaudel sont pour la participation.

En Allemagne la Gestapo , (police secrète d'état) est créée ainsi que des camps de concentration où les opposants sont internés. Les partis politiques d'opposition et les syndicats sont dissous, leurs dirigeants sont arrêtés. Des commissaires nazis sont nommés dans les Länder éliminant les dirigeants locaux. Les sections d'assaut ( SA) sèment le trouble partout avec principalement les commerçants juifs comme cible .

Le 7 juin le pacte à quatre "d'entente et de collaboration" qui a été proposé à l'initiative de Mussolini (France, Allemagne, Italie, Grande Bretagne ) est signé et ratifié deux jours plus tard par la chambre.

Le 30 août 1933 , les 4 principales compagnies aériennes Air Union, Air Orient SGTA, CIDNA qui avaient
créé à l'initiative du ministre de l'air Pierre Cot une compagnie commune d'exploitation des lignes aériennes fusionnent et prend le nom de Air France

Le 2 septembre décès de Georges Leygues qui aura été ministre de la marine pendant de nombreuses années et qui aura marqué la marine française. Il est remplacé par Sarraut lui même remplacé par Dalimier.

Le 23 octobre le gouvernement Daladier est renversé sur un article de son projet financier concernant la rémunération des fonctionnaires. Sarraut forme un nouveau gouvernement.


4 - GOUVERNEMENT SARRAUT
du    3 novembre 1933 au 27 novembre 1933


Albert SARRAUT  (1872 - 1962)

Diplômé de la faculté de droit
De 1902 à 1924 : élu député radical-socialiste de l'Aude
De 1926 à 1945 : élu sénateur de l'Aude il est inscrit au groupe de la Gauche Démocratique, Radicale et Radicale-Socialiste Il commence sa carrière ministérielle en 1914 dans les deux gouvernements Viviani comme ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts il sera ensuite  ministre des Colonies dans les cabinets Millerand, Leygues,  Briand et  Poincaré . Ce dernier lui confiera l'Intérieur en 1928 dans son cabinet d'Union nationale. Il passe à la  Marine en 1930 dans le   cabinet Chautemps puis à la  Marine militaire dans le cabinet Steeg  En 1932, il retrouve le ministère des Colonies avec Herriot, puis dans les cabinets Paul-Boncour et Daladier.
Il aura une courte Présidence du Conseil d'un mois en 1933 après quoi il retrouvera ses fonctions ministérielles.
En  1934 il sera ministre de la Marine dans le cabinet Chautemps et  ministre de l'Intérieur dans le cabinet Gaston Doumergue
sa seconde  présidence du Conseil sera plus longue 6 mois ce qui à cette époque est une durée honorable
De juin 1937 à janvier 1938 : ministre d'Etat dans les cabinets Chautemps , de janvier à mars 1938 : ministre de l'Intérieur
De mars à avril 1938 : ministre d'Etat dans le second cabinet Léon Blum, de avril 1938 à mars 1940 : ministre de l'Intérieur dans le  cabinet Daladier et de mars à juin 1940 : ministre de l'Education nationale dans le cabinet Paul Reynaud
1947 : nommé à l'Assemblée de l'Union française, il en devient président en 1951

Sarraut.jpg (20332 octets)

Gouvernement

Affaires étrangères Paul-Boncour Avocat  Socialiste
Education nationale Anatole de Monzie Avocat Gauche démocratique
Justice  Albert Dalimier Avocat Radical-Socialiste
Intérieur Camille Chautemps Radical socialiste
Finances Georges Bonnet Haut fonctionnaire Radical-Socialiste
Budget Abel Gardey Avocat Radical-Socialiste
Guerre Edouard Daladier Professeur Radical
Commerce  et Industrie Laurent-Eynac Avocat Radical
Marine Albert Sarraut Journaliste Artiste peintre Radical socialiste
Travaux publics Joseph Paganon Ingénieur chimiste Radical Socialiste
Agriculture Henri Queuille Dr en médecine Radical-Socialiste
Colonies François Piétri Inspecteur des finances Républicain de gauche
Travail Eugène Frot Avocat  Socialiste
Pensions Hippolyte Ducos Professeur Radical-Socialiste
Air Pierre Cot Professeur Radical-Socialiste
PTT Jean Mistler Professeur Radical-Socialiste
Marine marchande Jacques Stern Fortuné, administrateur de sociétés Gauche radicale
Santé publique Eugène Lisbonne Avocat Union républicaine

Site des 1er ministres - http://www.archives.premier-ministre.gouv.fr/

A nouveau les débats sur les projet financiers et notamment la rémunération des fonctionnaires renversent le gouvernement qui aura duré un mois.

Camille Chautemps
forme le nouveau gouvernement


5 - GOUVERNEMENT CHAUTEMPS
du 2 décembre 1933 au 28 janvier 1934


Camille CHAUTEMPS  (1885 - 1960)

Diplômé de la faculté de droit. En 1912, il prend la tête de la liste radicale aux élections municipales et devient adjoint au maire de Tours. Maire de Tours en 1919, il est élu député radical de l¹Indre et Loire puis député du Loir et Cher de 1929 à 1934, date à laquelle il devient sénateur. Il s'inscrit au groupe de la Gauche Démocratique, Radicale et Radicale-Socialiste jusqu'en 1941.
Président du Conseil en février 1930, son second gouvernement de novembre 1933 à janvier 1934 est ébranlé par l¹affaire Stavisky. Il arrive au pouvoir alors que l'affaire Stavisky, escroc qui a bénéficié d'une caution morale de Dalimier (ministre de la justice) et dont l'avocat est le beau-frère de Chautemps, qui couve depuis le milieu de l'année  est sur le point d' éclater .
Il sera ministre d' État de Léon Blum de juin 1936 à juin 1937 et lui succèdera à la tête du Gouvernement de juin 1937 à mars 1938.
A partir de 1938, il procède à la nationalisation des chemins de fer et à la création de la SNCF.
De 1938 à 1940, il est vice-président du Conseil des Gouvernements Daladier puis du Gouvernement Paul Reynaud. Dès juillet 1940, il favorise l¹arrivée au pouvoir du Maréchal Pétain et fait partie de son gouvernement.
En novembre 1940, il part pour Washington et choisit d'y demeurer jusqu'en 1944, date à laquelle il gagne l'Afrique du Nord. Après la Libération, il partage sa vie entre Paris et Washington, où réside sa famille.

Chautemps_1.jpg (35812 octets)

Gouvernement

Affaires étrangères Paul-Boncour Avocat  Socialiste
Education nationale Anatole de Monzie Avocat Gauche démocratique
Justice  Eugène Raynaldy Avocat Gauche républicaine démocratique
lntérieur Camille Chautemps Radical socialiste
Finances Georges Bonnet Haut fonctionnaire Radical-Socialiste
Budget Paul Marchandeau Avocat Radical-Socialiste
Guerre Edouard Daladier Professeur Radical
Commerce  et Industrie Laurent-Eynac Avocat Radical
Marine Albert Sarraut Journaliste Artiste peintre Radical socialiste
Travaux publics Joseph Paganon Ingénieur chimiste Radical Socialiste
Agriculture H enri Queuille Dr en médecine Radical-Socialiste
Colonies Albert Dalimier Avocat Radical-Socialiste
Travail  et prévoyance Lucien Lamoureux Avocat  Radical Socialiste
Pensions Hippolyte Ducos Professeur Radical-Socialiste
Air Pierre Cot Professeur Radical-Socialiste
PTT Jean Mistler Professeur Radical-Socialiste
Marine marchande Eugène Frot Avocat  Socialiste
Santé publique Alexandre Israël Journaliste Radical Socialiste

Dépourvus de ressource les chômeurs n'ont d'autres solutions que d'organiser des "marches de la faim". Le 2 décembre 1933 le "rassemblement national des marcheurs de la faim" fait converger vers Paris des milliers de chômeurs venus de toutes les provinces.
Les dettes envers les États Unis arrivent à échéance, mais la France n'est pas en mesure de les acquitter.
La compagnie d'assurance l' Urbaine constate des anomalies dans la comptabilité du Crédit Municipal de Bayonne auprès duquel elle a souscrit pour 14 millions de bons à intérêt. Une enquête  est ouverte qui entraîne l'arrestation de son directeur Gustave Tessier le 23 décembre.

 

Précédentes: 1932 Informations économiques - 1933 - Suivantes: 1934
Le dollar est détaché de l'étalon-or. Les Etats Unis et l'Allemagne deux ans après l'Angleterre et le Japon abandonnent la politique déflationniste. La France continue dans cette voie.  Formation du bloc-or constitué de la France, la Belgique, la Suisse, les Pays-Bas et l'Italie. Ces pays envisagent une union douanière fondée sur la solidarité monétaire. Les banques centrales de ces pays s'entendent pour intervenir sur le marché pour soutenir les monnaies en difficulté et défendre les parités. Cela entraîne l'isolement des pays du bloc des échanges économiques internationaux
  1928 1929 1930 1931 1932 1933
Production industrielle 100 108 105 101 96 101
Prix de gros 100 97 85 77 66 61
Prix de détail 100 106 105 104 93 88

 


1934

Le 8 janvier Dalimier ministre des colonies est mis en cause dans ce qui s' appelle maintenant l'affaire Stavisky. Il démissionne. Le député maire de Bayonne Joseph Garat est arrêté.

Le 11 l'Action française manifeste le 12 ce sont les Jeunesses patriotes et Solidarité française, pendant que les arrestations des comparses ont lieu. Le 22 janvier à nouveau manifestation de l'Action française. La CGU manifeste sur la place de l'Hôtel de ville

Le 27 impliqué dans une affaire douteuse le ministre de la Justice Raynaldi démissionne. De nouvelles manifestations ont lieu Les Camelots du roi place de l'Opéra, les Jeunesses patriotes et Solidarité française à la gare de l'Est.
Le 28 janvier, affaibli par les démissions successives et l'hostilité de l'opinion publique Chautemps démissionne.


6 - SECOND GOUVERNEMENT DALADIER
; du    30 janvier 1934 au 7 février 1934

Édouard Daladier  (1884 - 1970) - Voir plus haut -

 

Affaires étrangères Edouard Daladier Professeur Radical
Éducation nationale Aimé Berthod Professeur Radical socialiste
Justice Eugène Penancier Magistrat  Gauche démocratique
Intérieur Eugène Frot Avocat  Socialiste
Finances et Budget François Piétri remplacé par Paul Marchandeau le 3 février Inspecteur des finances Républicain de gauche (Piétri) Avocat Radical-Socialiste (Marchandeau)
Budget Lucien Lamoureux Avocat  Radical Socialiste
Défense nationale et Guerre Jean Fabry remplacé par Paul- Boncour le 3 février Militaire Action démocratique et sociale (Fabry) Avocat  Socialiste (Paul-Boncour)
Commerce et Industrie Jean Mistler Professeur Radical-Socialiste
Marine militaire Louis de Chappedelaine Radical indépendant
Travaux publics Joseph Paganon Ingénieur chimiste Radical Socialiste
Agriculture Henri Queuille Dr en médecine Radical-Socialiste
Outre-mer Henry de Jouvenel Aristocrate Journaliste Républicain démocrate
Travail Jean Valadier Haut fonctionnaire Radical
Pensions Hippolyte Ducos Professeur Radical-Socialiste
Air Pierre Cot Professeur Radical-Socialiste
PTT Paul Bernier Avocat  Radical Socialiste
Marine marchande Guy La Chambre Avocat Gauche indépendante
Santé publique Eugène Lisbonne Avocat Union républicaine

 

Le président du conseil Daladier décide un vaste mouvement administratif. Jean Chiappe préfet de police à Paris qui est soupçonné d'avoir gardé des pièces du dossier Stavisky et favorable à l'extrême droite,  est remplacé par Bonnefoy-Sibour. Il refuse sa mutation comme résident général du Maroc. Les ministres Piétri et Fabry opposés à cette mutation démissionnent, ils sont remplacés par Marchandeau et Paul-Boncour

Le 5 février exploitant l'affaire Stavisky les croix de feu défilent jusque devant le ministère de l'intérieur

Le 6 février Daladier se présente devant la chambre. Il est accueilli par un chahut, les communistes criant "vive les soviets" et la droite "démission" il obtient cependant l'investiture. A Paris l' Action française  et Solidarité française ont appelé leurs adhérents à se rassembler sur la place de la concorde, Les Jeunesses patriotes sont proche du Quai d'Orsay, les Croix de feu sont aux Invalides. Le colonel La Roque ordonne à ses hommes de se disperser à 20h45. L'Union nationale des combattants tente de se diriger vers l'Élysée. L'association républicaine des Anciens Combattants contrôlée par le parti communiste manifeste du rond point des Champs Élysées à l'arc de Triomphe.  L'Humanité du 6 février déclare "on ne peut pas lutter contre le fascisme sans lutter contre la sociale démocratie". Les forces de police s'opposent violemment place de la Concorde aux émeutiers. Le bilan sera de 17 morts ( dont un policier) et 2319 blessés ( dont 655 policiers).

Le 7 février Édouard Daladier démissionne. Gaston Doumergue accepte de conduire un cabinet de d'apaisement et de justice. Le 8 février La CGT prend l'initiative de réunir les organisations de gauche,  à l'exception de la CGTU et du PC, pour constituer un vaste rassemblement en riposte aux manifestation du 6. Léon Jouhaux annonce que la CGT a décidé une grève générale pour le 12.

Le 9 le parti communiste appelle ses militants à manifester place de la République à 20 heures contre le régime de la bourgeoisie, l'union réactionnaire et fasciste préparée par le Parti Radical et le Parti Socialiste. Les affrontements seront très violents, la police tire 6 morts plusieurs centaines de blessés. Le 12 les cortèges Communistes et Socialistes (de 100 à 150 000 manifestants) fusionnent au cris de "Unité d'action"


7 - LE GOUVERNEMENT DOUMERGUE
 du   15 février 1934 au 8 novembre 1934

Gaston DOUMERGUE  (1863 - 1937)


Né à Aigues-Vives dans le Gard en 1863, il est fils de vignerons aisés, protestants et républicains. Il fait ses études à Nîmes devient avocat en 1885 mais choisit la magistrature coloniale. Juge en Cochinchine puis juge de paix en Algérie. Il est élu député à Nîmes en 1893, il sera ensuite constamment réélu. Il sera ministre des colonies dans le gouvernement Combes de 1902 à 1905 puis ministre du commerce en 1906, de l'instruction publique de 1906 à 1908. Sénateur du Gard en 1910, il est chargé de former un gouvernement en 1913 qui durera 6 mois. Pendant la guerre il est ministre des colonies dans le gouvernement Viviani et dans les deux gouvernements Briand. Il est élu Président de la République fonction qu'il exercera du 13 juin 1924 au 13 juin 1931. En 1934 il a 71 ans le président Lebrun fait appel à lui pour rétablir la situation qui est explosive

 

Gouvernement

Affaires étrangères Louis Barthou remplacé par Pierre Laval 13 octobre 1934 Avocat Alliance démocratique (Barthou)  Avocat Non inscrit (Laval)
Education nationale Aimé Berthod Professeur Radical socialiste
Justice  Henry Chéron remplacé par Henry Lémery le 14 octobre 1934 Avocat Gauche radicale (Chéron) Avocat (Léméri)
Intérieur Albert Sarraut Journaliste Artiste peintre Radical socialiste
Finances et Budget Germain-Martin Professeur Gauche radicale
Guerre Philippe Pétain Maréchal
Commerce  et Industrie Lucien Lamoureux Avocat  Radical Socialiste
Marine militaire François Piétri Inspecteur des finances Républicain de gauche
Travaux publics Pierre-Etienne Flandin Avocat Républicain de gauche
Agriculture Henri Queuille Dr en médecine Radical-Socialiste
Colonies Pierre Laval remplacé par Louis Rollin 13 octobre 1934 Avocat Non inscrit(Laval) Avocat centre républicain (Rollin)
Travail Adrien Marquet Chirurgien dentiste Socialiste
Pensions Georges Rivollet Ancien combattant
Air Victor Denain Général
PTT André Mallarmé Avocat Républicain de gauche
Marine marchande William Bertrand Avocat  Radical Socialiste
Santé  et Education physique Louis Marin Professeur ethnographe Fédération républicaine
Ministres sans portefeuille Edouard Herriot, Adrien Tardieu Professeur Radical-Socialiste (Herriot) Haut fonctionnaire Alliance démocratique (Tardieu)
L'illustration N° spécial octobre 1934

Le 21 février, le conseiller à la cour d'appel de Paris, Prince,  est retrouvé mort sur la voix ferrée du PLM près de Dijon. La rumeur attribue cette mort mystérieuse à ce qu'il avait eu à traiter le premier dossier de l'affaire Stavisky

Le 27 février Gaston Doumergue reçoit l'autorisation de gouverner par décret-loi en matière budgétaire.

Le 2 mars en Tunisie le parti nationaliste Destour (constitution) se scinde et donne naissance au Néo-Destour dirigé par un avocat progressiste Habib Bourguiba, partisan de la laïcisation.

En avril le gouvernement prend des mesures économiques il réduit de 4 milliards les dépenses publiques: diminution du nombre des fonctionnaires, des traitements (5 à 10%) et des retraites. En mai le ministre des finances baisse les taux d'intérêt des Bons du Trésor d'un demi point deux fois de suite. Fin mai la banque de France baisse son taux d'escompte.

Le ministre des affaires étrangères, persuadé que l'Allemagne prépare la guerre entreprend une tournée européenne pour réactiver et étendre les alliances.

Le 14 et 15 juin 1934 Hitler et Mussolini se rencontrent à Vienne. Les deux dictateurs décident de se consulter sur la politique à suivre envers l'Autriche. A l'instigation de Göring et de Himmler, Hitler décide de se débarrasser des cadres des SA. Les SA , sections d'assaut, ont été les artisans de son arrivée au pouvoir, riches de plus de 3 millions d'hommes, les chemises brunes, ils ont fait régner la crainte et depuis qu'Hitler est au pouvoir  ils se croient tout permis. Hitler à besoin d'une industrie qui marche. Dans la nuit du 30 juin plus d'un millier de chemises brunes sont massacrés dont Röhm leur chef. C'est la nuit des longs couteaux.

Moscou décide de changer de ligne, abandon de la doctrine "classe contre classe" au profit de "l'unité à tout prix" et cesser de parler de détruire la démocratie bourgeoise.  Le PC dans une conférence à Ivry sur Seine change de ligne politique en conséquence. Le 27 juillet le PC et la SFIO signent un pacte d'unité d'action.

Le 25 juillet le Chancelier autrichien Engelbert Dollfuss est assassiné par un commando de SS. Il avait fait interdire le parti nazis et s'opposait à l'Anschluss (rattachement à l'Allemagne). le soir même Mussolini envoie à la frontière autrichienne plusieurs divisions contraignant Hitler à faire machine arrière  dans son projet d'annexion.

Le 2 août 1934, mort de Hindenburg qui a couvert les agissements des nazis pour l'arrivée au pouvoir d' Hitler.

Le 9 octobre le roi Alexandre de Yougoslavie en visite officielle est assassiné par des nationalistes croates (oustachis). En abattant le tueur, les policiers blessent Barthou personne ne pensant à ligaturer le bras du ministre, il meurt peu après il avait 72 ans. Albert Sarraut ministre de l'intérieur démissionne après avoir relevé de leurs fonctions le directeur de la Sûreté national et le Préfet des Bouches du Rhône

Le 24 octobre Maurice Thorez, s'adressant aux radicaux quelques jours avant leur congrès appelle à un front populaire de la liberté, du travail et de la paix.

Les ministres radicaux Herriot, Berthod, Bertrand et Queuille démissionnent n'acceptant pas les projets les projets de Doumergue de réforme constitutionnelle: dissolution de la chambre sans l'accord du Sénat, prorogation du budget en exercice, limitation du droit de grève etc.. ce départ provoque la démission du gouvernement.


8 - LE GOUVERNEMENT FLANDIN
du   11 novembre 1934 au   30 mai 1935

Pierre-Etienne FLANDIN  (1889 - 1958)


Fils d'Etienne Flandin : avocat, magistrat, professeur de droit, procureur général à Alger, résident général en Tunisie, mais aussi député de l'Yonne puis sénateur des Indes françaises.
Jeune avocat inscrit au barreau de Paris, Pierre-Etienne Flandin débute dans le cabinet d'Alexandre Millerand, belle entrée en matière pour se lancer dans la politique. En 1914, il est élu député de l'arrondissement d'Avallon, battant le radical Gallot, le vieil adversaire de son père ; il est alors le plus jeune député de la Chambre.
Pilote breveté dès 1912, il est affecté au début de la guerre à l'escadrille MF 33 et participe à la bataille de l'Yser. Très vite, il devient le député spécialiste des questions aéronautiques et, à ce titre, est chargé de plusieurs missions importantes.
Au sortir de la guerre, son ascension et sa réussite politiques, qui vont s'affirmer désormais, peuvent s'appuyer sur tout un acquis de relations et d'influences locales et nationales.
L'une des personnalités les plus écoutées de l'Alliance démocratique, la principale formation du Centre droit, député de l'Yonne sans interruption dans l'entre-deux-guerres, il est à neuf reprises ministre ou sous-secrétaire d'État et devient président du Conseil en 1934 d'un gouvernement qui, comme tant d'autres, ne durera que quelques mois (novembre 1934-juin 1935) .
Arrivé au sommet de son parcours politique au cours des années trente, il est, comme toute la classe politique française, confronté à de graves difficultés : la crise économique, financière et sociale, la montée des totalitarismes. Il avait conscience qu'une réforme des institutions alliée à une politique d'union et de trêve des partis était indispensable.
Attaché à la paix, mais aussi déterminé à défendre la France contre la menace hitlérienne, il mène avec son ministre des Affaires étrangères Pierre Laval une politique de rapprochement avec l'Italie et l'URSS et de resserrement de nos liens avec la Grande Bretagne. En 1938, il approuve les accords de Munich, croyant comme beaucoup qu'ils ont sauvé la paix ou du moins accordé un répit pour renforcer notre défense, et envoie des télégrammes de félicitations aux quatre signataires dont Hitler, ce qui lui sera particulièrement reproché, notamment par les communistes.
En juillet 1940, à Vichy, il vote, non sans hésitations, les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, qui fait appel à lui, au lendemain du mini-coup d'Etat par lequel il a chassé Laval jugé trop allemand, en lui confiant le poste de ministre des Affaires étrangères. Il ne l'occupera que 56 jours, les Allemands refusant tout contact avec lui.
Il rejoint l'Afrique du nord en 1942.
Arrêté à Alger, en 1943, pour « intelligence avec l'ennemi », il est traduit en Haute Cour à la Libération, mais acquitté pour « services rendus aux Alliés » et tout de même frappé d'inéligibilité.

FLANDIN_2.jpg (18147 octets)

Gouvernement

Affaires étrangères Pierre Laval Avocat Non inscrit
Education nationale André Mallarmé Avocat Républicain de gauche
Justice  Georges Pernot Avocat Fédération républicaine
I ntérieur Marcel Régnier Avocat  Radical Socialiste
Finances et Budget Germain-Martin Professeur Gauche radicale
Guerre Louis Maurin Général
Commerce  et Industrie Paul Marchandeau Avocat Radical-Socialiste
Marine militaire François Piétri Inspecteur des finances Républicain de gauche
Travaux publics Henri Roy Journaliste Radical
Agriculture Emile Cassez Inspecteur général de l'agriculture
Colonies Louis Rollin Avocat centre républicain
Travail Paul Jacquier Avocat Gauche démocratique
Pensions Georges Rivollet Ancien combattant
Air Victor Denain Général
PTT Georges Mandel Journaliste Indépendant républicain
Marine marchande William Bertrand Avocat  Radical Socialiste
Santé  et Education physique Henri Queuille Dr en médecine Radical-Socialiste
Ministres sans portefeuille Edouard Herriot, Adrien Tardieu Professeur Radical-Socialiste (Herriot) Haut fonctionnaire Alliance démocratique (Tardieu)

Site des 1er ministres - http://www.archives.premier-ministre.gouv.fr/

Le 10 décembre 1934 la SDN envoie des troupes en Sarre où doit avoir lieu une consultation de la population qui devra choisir entre rester indépendante ou rattachement à l'Allemagne ou à la France.

Un groupe de jeunes normaliens décide sous le nom de Bourbaki de reprendre tout l'édifice mathématique. Tout membre ayant atteint l'âge de 50 ans devra quitter le groupe.
 


1935

Le 13 janvier , les Sarrois se prononcent à 90,36% pour leur rattachement à l'Allemagne contre 0,4% à la France et 8,8% pour le statu quo. Plusieurs milliers de personnes émigrent vers la France pour fuir les nazis

Précédentes: 1933 Informations économiques - 1934 - Suivantes: 1935
La récession se poursuit les prix continuent à baisser
  1928 1929 1930 1931 1932 1933 1934
Production industrielle 100 108 105 101 96 101 101
Prix de gros 100 97 85 77 66 61 58
Prix de détail 100 106 105 104 93 88 84

Aux Etats Unis:
Création de l'autorité de régulation boursière américaine Security Exchange Commission ( SEC)

Début janvier 1935 Laval se rend en Italie pour conclure un accord sur les zones d'influence en Afrique. L'Italie laisse la France seule actrice en Tunisie en échange elle a les mains libres en Éthiopie. Des rectifications de frontières sont effectuées en Algérie, Tunisie, Libye et la colonie française de Djibouti. A la suite de ces accords, les états-majors des deux pays élaborent une collaboration destinée à protéger l'Autriche des menaces allemandes.

le 18 janvier a lieu le premier meeting commun PC, SFIO et les radicaux de la Seine.

Fin janvier le général Weygand chef d'État major général et vice président du conseil supérieur de la guerre, prend sa retraite il est remplacé par le général Gamelin et les généraux Georges et Colson ce dernier est très hostile aux théories du lieutenant-colonel De Gaulle.

Début février des entretiens ont lieu avec l'Angleterre visant à proposer à l'Allemagne un certain nombre d'accord en échange de l'abolition des limitations en matière d'armement . L'Angleterre adhère au pacte de garantie de l'indépendance de l'Autriche.

Pour compenser les classes creuses le service militaire est porté à 18 mois pour la classe 35 et deux ans pour les classes 36 à 39. Actuellement (1935) le nombre des décès dépasse le nombre des naissances. Paul Reynaud le 31 mars présente le projet d'armée de métier du lieutenant-colonel De Gaulle. Léon Blum, et le ministre des armées repoussent ce projet entraînant la chambre. Paul Reynaud cependant voyait la situation avec lucidité "Si la France néglige ses chances, nous verrons l'Allemagne détruire la Pologne , tendre la main à l'Armée Rouge puis la France envahie" c'était prophétique.

Hitler
dénonce les clauses du traité de Versailles en matière d'armement et rétablit le service militaire.

Le 30 mai la chambre n'accordant pas les moyens à Flandin pour améliorer la situation financière, il démissionne.

Le présidant charge Fernand Bouisson de former un gouvernement celui-ci accepte mais son gouvernement sera mort-né Laval constitue un nouveau cabinet.

 

9 - LE GOUVERNEMENT LAVAL
du 4 juin 1935 au 22 janvier 1936

 

Pierre LAVAL ( 1883 - 1945)
Fils d'un cafetier, après son certificat d'études il poursuit ses études contre l'avis de son père. Il se forme lui-même et devient surveillant dans un lycée. Il passe ses licences en droit et en sciences politique et s'inscrit au barreau de Paris en 1908. sur le plan politique, en 1903 il adhère à une organisation blanquiste puis à la SFIO en 1905. Défenseur des militants syndicaux, il est élu avec leur aide député socialiste d'Aubervilliers en 1914. Pendant la guerre il est dans les rangs des pacifistes. En novembre 1919 il vote contre le traité de Versailles. Il devient petit à petit un socialiste indépendant. En 1923 il devient maire d'Aubervilliers. Il bâtit une fortune personnelle par son travail et des placements judicieux. Il incarne l'homme politique qui grandit en dehors des appareils. Il commence sa carrière ministérielle en 1925 dans le cabinet Painlevé comme ministre des Travaux publics, il entre au sénat en 1927 comme non-inscrit. En mars 1930 il est ministre du travail dans le gouvernement Tardieu avec pour mission de faire adopter les assurances sociales ce qu'il mènera à bien. Nommé président du conseil par Gaston Doumergue, Paul Doumer le reconduit et Laval reconduit son gouvernement. Il est appelé à nouveau par Albert Lebrun en 1935

Gouvernement

Affaires étrangères Pierre Laval Avocat Non inscrit
Education nationale Philippe Marcombes remplacé le 13 juin par Marius Roustan Dr en médecine Radical socialiste (Marcombes) Professeur Radical socialiste (Roustan)
Justice  Léon Bérard Professeur Libéral
Intérieur Joseph Paganon Ingénieur chimiste Radical Socialiste
Finances et Budget Marcel Régnier Avocat Conservateur
Guerre Jean Fabry Militaire Action démocratique et sociale
Commerce   et Industrie Georges Bonnet Haut fonctionnaire Radical-Socialiste
Marine militaire François Piétri Inspecteur des finances Républicain de gauche
Travaux publics Laurent-Eynac Avocat Radical
Agriculture Pierre Cathala Avocat Gauche radicale
Colonies Louis Rollin Avocat centre républicain
Travail Louis-Oscar Frossard Instituteur Journaliste Socialiste
Pensions Henri Maupoil Viticulteur Radical socialiste
Air Victor Denain Général
PTT Georges Mandel Journaliste Indépendant républicain
Marine marchande Marius Roustan remplacé le 13 juin par William Bertrand Professeur Radical socialiste (Roustan) Avocat  Radical Socialiste (Bertrand)
Santé  et Education physique Ernest Lafont Avocat   Socialiste
Ministres sans portefeuille Edouard Herriot, Louis Marin, Pierre Etienne Flandin Professeur Radical-Socialiste (Herriot) Professeur ethnographe Fédération républicaine (Marin) Avocat Républicain de gauche (Flandin)

L'importante chute de la natalité due à l'arrivée à l'âge adulte des classes creuses ( guerre de 14-18 ) est compensée par une importante immigration qui a évité à la France un effondrement démographique. De 1931 à 1936,  500 000 immigrés ont obtenus leur naturalisation.
 

Le 13 juin Philippe Marcombes ministre de l'éducation nationale décède il est remplacé par Mario Roustan qui est lui même remplacé par William Bertrand

Le 14 juillet le PC, la SFIO et le Parti Radical mènent une journée d'action commune véritable acte de naissance du "Rassemblement populaire"

De juillet à octobre Laval qui s'est entouré de techniciens Claude -Joseph Gignou, Jacques Rueff et Raoul Dautry et qui a obtenu la possibilité d'utiliser des décrets-lois, publie 29 mesures destinées équilibrer dépenses et recettes en jugulant l'inflation. Baisse des prix: le pain baisse de 10 centimes au kilo résultat d'une négociation avec les boulangers, le gaz et le charbon baissent de 15%, baisse des loyers. Il diminue les dépenses de l'état de 10% (traitements et retraites des fonctionnaires). Il veut générer 5780 milliards d'économie et 1200 milliards de recettes supplémentaires. Les partis de gauche feront de la lutte contre ces décrets-lois un cheval de bataille. Plus de 400 décrets-loi seront promulgués.

Le 15 septembre 1935, Hitler fait promulguer la loi qui prive les juifs de leurs droits civiques, qui interdit le mariage entre Allemand et Juif ... Ces lois discriminatoires ne provoquent pas immédiatement d'émigration significative.

Le 3 octobre 1935 Mussolini annonce que les troupes italiennes sont entrées en Éthiopie. La SDN désigne l'Italie comme agresseur ce qui entraîne des sanctions et notamment un embargo que Laval s'efforce d'adoucir en vertu du traité qui lie la France à l'Italie afin de faire contrepoids à l'Allemagne. Dans ces sanctions, les Etats Unis et le Brésil se déclarent neutres et l'Allemagne et l'Union Soviétique ravitaillent l'Italie. Le 15 juillet 1936 les sanctions seront levées.

L'armée japonaise profite du chaos qui règne en Chine pour, après la Mandchourie envahir la province chinoise de Jehol. Devant le péril que représente l'expansionnisme japonais, communistes et nationalistes s'allient pour lutter contre l'armée japonaise. Le Japon alors ne se cache plus et c'est une guerre ouverte qu'il fait à la Chine et qui durera jusqu'à la fin de la 2ème guerre mondiale.

En Novembre les journaux du groupe Patenôtre publient le résultat d'une consultation auprès de leurs lecteurs sur la question éthiopienne, 530 000 se prononcent pour la neutralité absolue, 310 000 pour des sanctions économiques, 10 000 pour des sanctions militaires.

Le 16 novembre à l'initiative de la section de Limoges , les Croix de Feu se réunissent dans un manège privé, 200 militants y participent. Des militants de gauche entrent en force et tirent sur les participants, il y a 14 blessés.

Fin décembre 35, grâce aux mesures prises, Laval présente un budget en équilibre, mais il a sorti de celui-ci le budget de l'équipement militaire. On compte un demi million de chômeurs dont 433 238 secourus.

Précédentes: 1934 Informations économiques - 1935 - Suivantes: 1936
Des mesures déflationnistes sont prises mais la nécessité du réarmement les rend un peu illusoires. On parle de dévaluation du franc mais c'est souvent pris comme un expédient
  1928 1929 1930 1931 1932 1933 1934 1935
Production industrielle 100 108 105 101 96 101 101 97
Prix de gros 100 97 85 77 66 61 58 52
Prix de détail 100 106 105 104 93 88 84 75

1936
Début janvier 1936, le programme du Rassemblement Populaire (coalition de la gauche) est publié dans "l'œuvre". Il prévoit la transformation de la banque de France en établissement public, la nationalisation des industries de guerre, la création d'un office interprofessionnel des céréales, la réforme du fond de chômage, la réduction de temps de travail hebdomadaire...

Le 19 janvier Herriot annonce son intention de quitter le gouvernement Laval, les autres radicaux le suivent et Laval est contraint de démissionner le 22 janvier 1936.

Bouisson
et Herriot pressentis par Lebrun refusent de former un gouvernement Albert Sarraut accepte et décide de s'appuyer sur les radicaux et l'Union socialiste républicaine.

La Manufacture d'Armes de Saint-Étienne produit le fusil qui va équiper l'armée française jusqu'en 1979 le MAS36

Recensement de 1936:

Population française 41 907 056
Population urbaine 21 600 000
Population rurale 19 900 000
Immigration italienne environ 800 000
Immigration polonaise environ 500 000
Immigration espagnole environ 350 000
Immigration belge environ 250 000

 


10 - LE GOUVERNEMENT SARRAUT
du 31 janvier 1936 au 3 mai 1936

 

Albert SARRAUT  (1872 - 1962) - ( voir plus haut)

Affaires étrangères Pierre-Etienne Flandin Avocat Républicain de gauche
Éducation nationale Henri Guernut Journaliste Radical-Socialiste
Justice Yvon Delbos Professeur Journaliste Radical socialiste
Intérieur Albert Sarraut Journaliste Artiste peintre Radical socialiste
Finances et Budget Marcel Régnier Avocat Conservateur
Guerre Louis Maurin Général
Commerce et Industrie Georges Bonnet Haut fonctionnaire Radical-Socialiste
Marine militaire François Piétri Inspecteur des finances Républicain de gauche
Travaux publics Camille Chautemps Radical socialiste
Agriculture Paul Thellier Avocat Radical
Colonies Jacques Stern Fortuné, administrateur de sociétés Gauche radicale
Travail Louis-Oscar Frossard Instituteur Journaliste Socialiste
Pensions René Besse Ancien combattant (GIG)Indépendant de gauche
Air Marcel Déat Professeur Socialiste
PTT et Alsace Lorraine Georges Mandel Journaliste Indépendant républicain
Marine marchande Louis de Chappedelaine Radical indépendant
Santé publique Louis Nicolle Industriel (filature) Républicain social
Ministre d'Etat sans portefeuille Paul-Boncour  Avocat  Socialiste

Fin janvier 1936 au congrès du PC Maurice Thorez secrétaire général déclare que le Gouvernement du Front populaire doit permettre la prise du pouvoir par la classe ouvrière. Le PC met maintenant en avant son caractère national en précisant "Parti Communiste Français".

Le 13 février Léon Blum est victime d'une agression. Il est blessé à la tête par un militant d'Action française, des ouvriers d'un chantier voisin sont venus à son secours. A la suite de cette agression Sarraut dissout   l' Action française, la fédération des étudiants d'Action française et la fédération des Camelots du roi.

En Espagne le "Frente popular" constitué en janvier par les républicains, les socialistes, les militants du POUM (parti ouvrier d'unification marxiste) et les communistes remporte les élections. Une intense vague d'agitation se propage dans le pays.

En février et mars ratification du pacte franco-soviétique

Début mars réunification de la CGT et CGTU . Le congrès vote l'incompatibilité des mandats politiques et syndicaux ce qui contraint Benoît Frachon à démissionner du bureau politique du PC.

Les 7 et 8 mars Hitler fait occuper la Rhénanie. Pour l'état major français une réplique militaire nécessite la mobilisation générale. Sarraut décide de temporiser. L'absence de réaction de la France entraîne la Belgique vers la neutralité, la Pologne et l'Italie se tournent vers l'Allemagne. La SDN perd sa crédibilité. En Angleterre, le secrétaire du Foreign Office Antony Eden déclare que la Grande Bretagne se considère comme tenue de venir au secours de la France et de la Belgique si ces pays venaient a être attaqués. Le 1er avril l'Angleterre et la France signent un pacte d'assistance mutuelle en cas d'agression.

Fin avril début mai, élections législatives en France. Il y a 11 971 923 inscrits la participation est de 84,3% des inscrits.
La Gauche totalise 5 628 921 voix soit 47% (44,48% en 1932) des inscrits,
la Droite 4 218 245 voix, 35,2% (37,5% en 1932) des inscrits.
Les radicaux avec 1,4 millions d'électeurs  perdent 49 sièges (110 sièges à la chambre ), les communistes passent de 782 000 voix à 1 468 000 et obtiennent 72 députés alors qu'ils n'en avaient que 11 depuis 1932, les socialistes avec 2 millions de voix passent de 131 à 149 députés. Le succès de la gauche tient plus à la discipline de vote qu'au transfert des voix
 

   

Elus

 

Partis

Voix

Après Avant  
Socialistes 1 955 306 149 131  
Communistes 1 502 404 72 11  
Radicaux 1 422 611 111 160  
Divers gauche 748 600 29    
Total gauche 5 628 921     47%
Centre droit 2 536 294 95    
Droite 1 666 004 128    
Divers 16 047      
Total droite 4 218 245     35,2%

Droite comprend : Union républicaine, Indépendants, Conservateurs
Centre droit comprend: Radicaux indépendants, Républicains de gauche, Démocrates populaires.

Le gouvernement Sarraut déclare qu'il restera en fonction jusqu'à l'installation de la nouvelle chambre

Un vaste mouvement revendicatif s'installe dans toute la France. Il a commencé par une grève des émailleurs de la compagnie générale de fonderie qui fut la première grève avec occupation des locaux afin d'éviter un lock-out patronal.

le 24 mai, les cérémonies de commémoration de la commune de 1871 rassemblent des centaines de milliers de Parisiens. Fin mai le mouvement revendicatif devient un mouvement de masse. Les 28 et 29, les 30 000 ouvriers de Renault sont en grève. Le 4 juin Léon Blum constitue son gouvernement de front populaire.

Président de l'assemblée nationale
Edouard Herriot
(Radical)

du  4 juin 1936 au 9  juillet 1940

Précédent

Suivant

 

 


11 - LE GOUVERNEMENT BLUM
du 5 juin 1936 au 21 juin 1937

 

Léon BLUM  (1872 - 1950) -

Ancien élève de l' école Normale qu'il abandonne pour des études de droit, il devient auditeur au conseil d'Etat en 1895. Pendant l'affaire Dreyfus , il est un dreyfusard actif. En 1904 il participe à la fondation de l'Humanité. Il commence sa carrière politique en 1914 dans le cabinet du socialiste Marcel Sembat au ministère des Travaux publics (deuxième gouvernement Viviani Présidence Poincaré) Au congrès de Tour en décembre 1920 il prononce un discours prophétique sur l'avenir de la dictature bolchevik. Secrétaire du groupe parlementaire socialiste il n'entre à la commission administrative de la SFIO qu'en 1927. En 1928 il est battu par le communiste Jacques Duclos à Paris dans le 20ème arrondissement. Il retrouve un siège de député lors d'une élection partielle à Narbonne, siège qu'il conservera jusqu'en 1940 sans toutefois devenir un Narbonnais. Après le 6 février 1934 il accepte d'engager la SFIO dans le rassemblement populaire qui ouvrira la voie à la victoire électorale en 1936. Il se retrouve confronté à une situation délicate un mouvement social sans précédent , la guerre civile espagnole durant laquelle il ne pourra aider le Frente popular que clandestinement afin de ménager l'alliance avec l'Angleterre fondamentale avec la montée du nazisme en Allemagne.

Blum.jpg (22773 octets)
Gouvernement
Affaires étrangères Yvon Delbos Professeur Journaliste Radical socialiste
Éducation nationale Jean Zay Avocat Radical socialiste
Justice Marc Rucart Journaliste Radical socialiste
Intérieur Roger Salengro remplacé le 24 novembre 36 par Marx Dormoy Maire de Lille Socialiste (Salengro) Maire de Montluçon Socialiste (Dormoy)
Finances Vincent Auriol Avocat Socialiste
Économie nationale Charles Spinasse Journaliste Socialiste
Défense nationale et Guerre Edouard Daladier Professeur Radical
Commerce et Industrie Paul Bastid Professeur Radical socialiste
Marine Gasnier-Duparc Avocat Radical socialiste
Travaux publics Albert Bedouce Socialiste
Agriculture Georges Monnet Journaliste Socialiste
Colonies Marius Moutet Avocat Socialiste
Travail Jean-Baptiste Lebas Maire de Roubais Socialiste
Pensions Albert Rivière Négociant Socialiste
Air Pierre Cot Professeur Radical-Socialiste
PTT Robert Jardillier Professeur Socialiste
Santé publique Henri Sellier Employé PTT Unité Prolétarienne
Ministres d'Etat sans portefeuille Camille Chautemps, Paul Faure, Maurice Viollette Radical socialiste (Chautemps) Journaliste Socialiste (Faure) Avocat Radical socialiste(Viollette)

Site des 1er ministres - http://www.archives.premier-ministre.gouv.fr/

Un sous-secrétariat aux sports et loisirs est créé, il est occupé par Léo Lagrange. Pour la première fois trois femmes sont secrétaire d'état Cécile Brunschvicg à l'éducation nationale, Irène Joliot-Curie à la recherche scientifique, et Suzanne Lacore à la protection de l'enfance. Léon Blum annonce à la radio son programme: la semaine de 40 heures, la généralisation des conventions collectives, les congés payés. A la chambre il est attaqué par l'extrême droite lui reprochant d'être juif,  Herriot prend vigoureusement sa défense

Le 7 juin 1936, à la demande de Léon Blum s'ouvrent à Matignon des négociation entre le patronat et les syndicats. Peu avant 1 heure du matin

le 8 juin un accord est signé dit "accords de Matignon". Ils prévoient l'établissement de contrats collectifs, libre exercice du droit syndical, création de délégués du personnel élus à bulletins secrets, augmentation des salaires de 7 à 15%. Le mouvement social est son apogée, il y a plus d'un million de grévistes.

Le 9 juin le gouvernement dépose 5 projets de lois concernant la semaine de 40 heures, les congés payés annuels (15 jours après un an de présence), le contrat collectif, la révision des décrets loi de 1935 concernant le traitement des fonctionnaires et l'imposition des retraites d'ancien combattant. Ces textes seront adoptés rapidement

Le 11 juin Maurice Thorez fait une importante déclaration publiée par l' Humanité dans laquelle il prononcera la phrase bien connue "il faut savoir terminer une grève, dés l'instant où les revendications essentielles ont été obtenues...". Il rappelle "Tout n'est pas possible mais le mot d'ordre reste Tout pour le front populaire! Tout par le Front populaire!"

Les 13 et 15 juin  le travail reprend chez Renault puis dans toute la métallurgie.

Le 18 juin , à la demande de Roger Salengro le gouvernement dissout les Croix de feu, les francistes , les Jeunesses patriotes  et Solidarité française . Le colonel de La Rocque annonce la création du Parti social français (PSF) en octobre 37 il comptera 739 000 adhérents et 1,2 millions en 1939 il est composé de d'ouvriers (36%) et de nombreuses femmes contrairement aux autres partis.
A Saint Denis Jacques Doriot qui avait été exclu du PC pour vouloir chercher une alliance avec les socialistes à l'époque ou le PC considérait la gauche classique comme l'ennemi à abattre, fonde le Parti populaire français (PPF) fin juin. On trouve autour de lui d'anciens communistes mais aussi Pierre Drieu la Rochelle qui a publié en 1934 "Socialisme fasciste" et le journaliste Bertrand de Jouvenel.

Du 17 juillet au 7 août nationalisation de l'industrie de guerre. Le 23 nouveau statut de la Banque de France. Le 24 le programme de grands travaux est adopté. Le 9 août Jean Zay fait prolonger la scolarité obligatoire de 13 à 14 ans.

Le 18 juillet en Espagne, les généraux se soulèvent contre la République. Le général Francisco Franco Bahamonde chef d'État Major de l'armée prend la direction du soulèvement. Le gouvernement français qui avait interrompu les livraisons d'arme à la République espagnole reprend ses livraisons en apprenant que les Italiens aident les militaires insurgés.
Des débats ont lieu en France sur l'aide à apporter aux républicains espagnols. Suite à l'opposition du gouvernement britannique et aux ministres radicaux, Léon Blum se résout à une politique de non-ingérence. En septembre 27 pays se seront associés à cette conduite dont l'Allemagne et l'Italie. Malgré cela, Pierre Cot fournit 144 avions aux républicains et du matériel d'union soviétique pourra transiter par la France. Pierre Cot est violemment pris à parti par l'extrême droite et par les membres du Rassemblement universel pour la Paix ( RUP). Le 5 septembre, après la prise d'Irun par les insurgés, des milliers d'Espagnols se réfugient à Hendaye. Les civils sont répartis dans plusieurs villes du Midi et les miliciens sont reconduits sur Barcelone via Port Bou

 

Pour les travailleurs français, c'est un moment extraordinaire, les premières vacances payées par le patron. En dehors des trains qui les emmènent voir la mer que peu d'entre eux connaissent , l'engouement est grand pour la bicyclette, le camping, les feux de camp, le sport, la vie au grand air. C'est un grand virage psychologique

Du 19 au 23 août premier procès de Moscou, les 16 accusés anciens compagnons de Lénine sont condamnés à mort ( dont Zinoviev et Kamenev)
Le 9 septembre Léon Blum qui s'engageait à accorder l'indépendance de la Syrie dans les 3 ans à venir est désavoué par le parlement. Le 25 septembre le franc quitte l'étalon or pour s'accrocher à la livre et au dollar. Début octobre, le gouvernement qui n'a pas réussi à créer une reprise économique, dévalue le franc. Le franc Poincaré qui valait 65 mg d'or est remplacé par le franc Auriol qui n'en vaut plus que 43 à 49

Le 24 août Hitler passe la durée du service militaire à 2 ans ce qui permettra à l'Allemagne de disposer de 1,3 millions d'hommes sous les drapeaux en 1937.

En Espagne la bataille de Madrid commence (octobre 36) les Républicains se défendent plus que prévu. Le général Franco déclare que 4 colonnes se dirigent vers Madrid et qu'elles seront aidées par une 5ème qui s'y trouve déjà. De cette phrase on retiendra le terme de 5ème colonne pour décrire des éléments qui pactisent secrètement avec l'ennemi avec une forte connotation de trahison. Les défenseurs reçoivent l'aide d'éléments extérieurs qui constituent les "Brigades internationales"

Le 7 septembre 1936 le gouvernement suit la proposition de Daladier ministre de la défense qui fait engager 14 milliards de francs de dépense pour la production d'armes modernes et entérine le plan de construction de 1 500 avions de combat mis au point par Pierre Cot ministre de l'air,   le gouvernement accorde 21 milliards de crédits sur 4 ans .

Le 25 novembre 1936,  le Japon se rapproche des dictatures européennes et signe un accord anti-Komintern avec l'Allemagne Nazie Il engage les parties à ne signer aucun accord unilatéral avec l'URSS et à ne pas lui porter secours si elle attaque l'une des parties

Roger Salengro ministre de l'intérieur est victime d'une campagne virulente de l'hebdomadaire de droite Gringoire accusant le ministre de désertion en 1916 pour laquelle il aurait été condamné à mort par contumace. Bien qu'il fut démontré que Salengro avait été fait prisonnier alors qu'il tentait , avec l'accord de ses chefs, de ramener le cadavre d'un camarade, la campagne persévéra. Salengro qui venait de perdre sa femme se suicida le 18 novembre 1936 . Ses obsèques eurent lieu à Lille une foule immense y assista.

Le 6 décembre  Jean Mermoz qui a décollé de Dakar à bord de son avion "Croix du Sud" à destination du Brésil s'abîme en mer on ne le retrouvera jamais

Précédentes: 1935 Informations économiques - 1936 - Suivantes: 1937
De nombreuses grève amènent la gauche au pouvoir. Blum forme un gouvernement de front populaire. Il veut mener une politique de relance. Les accords de Matignon prévoient les conventions collectives, la semaine de 40 heures, les congés payés. Il réforme la banque de France, nationalise les industries de guerre. Création de l'office national du blé qui entre autre fixera le prix du blé. Le 27 septembre dévaluation du franc de 25%.  Le franc Poincaré valait 65,5mg d'or, le franc Auriol (ministre des finances) n'en vaut plus que 49

En Angleterre John Maynard Keynes publie  "Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie" où il prône l'intervention de l'état en faveur de la relance

1937

Du 23 au 30 janvier 1937 deuxième procès de Moscou. 15 des 17 accusés sont condamnés et exécutés immédiatement. En France, le comité d'enquête sur les procès de Moscou créé en octobre 36 par André Breton et des intellectuels organisent un meeting auquel assistent 3 000 personnes. Un troisième procès aura lieu en mars 1938.

En février 1937 Vincent Auriol se déclare opposé à une nouvelle dévaluation et au contrôle des changes. Le déficit budgétaire est estimé à 44 milliards de francs. Le 4 février le ministère de l'air réquisitionne les usines Morane-Saulnier pour remédier au retard de livraison des appareils. Blum annonce que devant les difficultés budgétaires une pause dans les réformes. Le 5 mars, le gouvernement décide de bloquer les dépenses nouvelles, de ne pas instaurer le contrôle des changes, et de lancer un emprunt de Défense Nationale. Le 11 mars le Président de la République lance un appel à la radio pour inciter à souscrire à l'emprunt de la Défense Nationale. Les deux tranches de 5 milliards chacune du 12 et 16 mars sont couvertes immédiatement.

Messali-Hadj
dont le mouvement "l' étoile nord-africaine" a été interdit en janvier créé le Parti du Peuple Algérien dont le programme est "ni assimilation , ni séparation mais émancipation".

A Londres , le comité de non-intervention en Espagne décide d'interdire les départs volontaires et de mettre un contrôle international aux frontières et dans les eaux territoriales espagnoles. Il entre en vigueur le 19 mars.

Un climat de violence s'installe en France les mouvements d'extrême gauche assiègent souvent les réunions du PSF ce qui combiné avec les services d'ordre et la police donne des fusillades, des morts et des blessés (Sedan le 28 février, Clichy le 16 mars) .

Le 26 avril 1937, en Espagne, la petite ville de Biscaye, Guernica, est bombardée à l'heure du marché par les aviateurs allemands de la Légion Condor envoyée par Hitler. L'émotion dans le monde est intense . De graves dissensions apparaissent entre les forces de gauche. Début mai, à Barcelone des affrontements ont lieu entre d'une part les anarchistes et des membres du POUM  et les communistes et la police d'autre part. Le chef du gouvernement Largo Caballero  démissionne, il est remplacé par Juan Négrin socialiste mais qui ne peut s'appuyer que sur le parti communiste seul parti organisé et résolu et les fournitures d'armes en provenance de l'Union Soviétique qui s'est retirée du pacte de non-intervention. Il dissout le POUM tandis que des membres du parti communiste font la chasse aux Trotskistes du POUM. Cette guerre entre anarchistes, trotskistes et communistes espagnols aura des répercussions en France. Le 7 mai, en France,  Jacques Doriot prend l'initiative de créer un Front de lutte contre le communisme. Le 31 mai l'Italie et l'Allemagne se retirent du comité de non-intervention en Espagne.

Le 24 mai inauguration de l'Exposition internationale des Arts et Techniques à Paris. Initialement prévue pour le 1er mai de nombreuses grèves et des sabotages en ont retardé l'ouverture

Le 11 juin en Union Soviétique procès à huis clos de généraux de l'armée 8 commandants de l'armée rouge sont exécutés. ceci marque le début d'une purge dans l'armée qui fera des milliers de victimes. L'Etat major français et des analystes politiques estiment que l'armée rouge est décapitée et n'est plus capable de faire face à la Wehrmacht.

Les 21 et 22 juin Blum qui a obtenu de la chambre les pleins pouvoirs en matière financière se les voit refusés par le Sénat. Il réunit son gouvernement qui prend la décision de démissionner.


12 - LE SECOND GOUVERNEMENT CHAUTEMPS
du 29 juin 1937 au 14 janvier 1938

 

Camille CHAUTEMPS  (1885 - 1963) -

 Il est le fils de Alphonse Chautemps, sénateur et ancien ministre des Colonies. Diplômé de la faculté de droit, il devient un avocat réputé. Ses deux frères  Félix et Maurice sont tués lors de la  guerre 14-18. Maire de Tours en 1919, il est élu député radical de l' Indre et Loire puis député du Loir et Cher de 1929 à 1934, date à laquelle il devient sénateur. Il s'inscrit au groupe de la Gauche Démocratique, Radicale et Radicale-Socialiste jusqu'en 1941 Il appartient à presque tous les cabinets radicaux jusqu'en 1940. Favorable à l'alliance des radicaux et du centre droit, il est un très éphémère président du Conseil en 1930 puis en 1933, mais il est atteint par l'affaire Stavisky. Il devient ministre d¹Etat de Léon Blum de juin 1936 à juin 1937
il succède à Léon Blum en 1936-1937 A partir de 1938, il procède à la nationalisation des chemins de fer et à la création de la SNCF. De 1938 à 1940, il est vice-président du Conseil des Gouvernements Daladier puis du Gouvernement Paul Reynaud. Dès juillet 1940, il favorise l¹arrivée au pouvoir du Maréchal Pétain .Pacifiste, il figure dans le gouvernement de Philippe Pétain et plaide en faveur de la négociation avec Mussolini et Hitler.
Trop républicain et franc-maçon pour Vichy, en novembre 1940, il part pour Washington et choisit d'y demeurer jusqu'en 1944, date à laquelle il gagne l'Afrique du Nord. Après la Libération, il partage sa vie entre Paris et Washington, où réside sa famille.

Son gouvernement: Il prend Léon Blum comme vice-président sans portefeuille ministériel

Affaires étrangères Yvon Delbos Professeur Journaliste Radical socialiste
Éducation nationale Jean Zay Avocat Radical socialiste
Justice Vincent Auriol Avocat Socialiste
Intérieur Marx Dormoy Maire de Montluçon Socialiste
Finances Georges Bonnet Haut fonctionnaire Radical-Socialiste
Économie nationale Charles Spinasse Journaliste Socialiste
Défense nationale et Guerre Edouard Daladier Professeur Radical
Commerce et Industrie Fernand Chapsal Haut Fonctionnaire
Marine militaire César Campinchi Avocat Radical socialiste
Travaux publics Henri Queuille Dr en médecine Radical-Socialiste
Agriculture Georges Monnet Journaliste Socialiste
Colonies Marius Moutet Avocat Socialiste
Travail André Février Employé PTT Socialiste
Pensions Albert Rivière Négociant Socialiste
Air Pierre Cot Professeur Radical-Socialiste
PTT Jean Lebas Maire de Roubais Socialiste
Santé publique Marc Rucart Journaliste Radical socialiste
Ministres d'Etat sans portefeuille Albert Sarraut, Paul Faure, Maurice Viollette Journaliste Artiste peintre Radical socialiste (Sarraut) Journaliste Socialiste (Faure) Avocat Radical socialiste(Viollette)

Le 30 juin le gouvernement décide une nouvelle dévaluation du franc. La livre qui valait 105 francs en octobre en  vaut maintenant 194.

Le 31 août un accord est conclu entre les compagnies de chemins de fer et l' État pour créer une société nationale de chemins de fer dans laquelle l'Etat détiendra 51% des actions. Elle s'appellera Société Nationale des Chemins de fer Français (SNCF)

Le 8 juillet, l' Action française réunit  au Vélodrome d'hiver 40 000 personnes pour fêter la libération de Charles Maurras. Le 11 septembre La Cagoule fait sauter les sièges de la Confédération du patronat français et de l'Union des industries métallurgique et minière en cherchant à faire accuser le Parti communiste. Le 10 janvier 1938 un ingénieur de Clermont Ferrand s'accusera d' être l'auteur des attentats ce qui relancera l'enquête.

Depuis la prise de Bilbao par les nationalistes ce sont 120 000 personnes qui ont trouvé refuge en France à l'exception des enfants, des blessés et des malades ils seront reconduits en Espagne à la frontière de leur choix

Le 6 novembre L'Italie adhère au pacte anti-Kominterm aux cotés de l'Allemagne et du Japon. L'Italie reconnaît de fait le "protectorat " Japonais sur la Mandchourie, l'Allemagne le fera en février 1938 .

De Novembre à janvier la sûreté nationale saisit des stocks d'armes et de munitions dans plusieurs caves de Paris entreposées par la Cagoule. En janvier un stock de grenades entreposé au laboratoire de la préfecture à Villejuif explose faisant morts et blessés.

Précédentes: 1936 Informations économiques - 1937 - Suivantes: 1938
Un début de reprise se fait début 1937 mais à nouveau la situation se détériore, une pause est décidée un retour au libéralisme ne parvient pas à arrêter la spéculation les gouvernements qui succèderont retournent à la déflation

1938
De nombreuses grèves entraînent des dissensions entre l'aile modérée du front populaire ( droite du radicalisme) et l'aile révolutionnaire. Le 13 janvier Chautemps devant la chambre appelle le pays à la paix sociale et à la défense de la monnaie, interpellé par un communiste , il lui déclare qu'il peut reprendre sa liberté, Blum alors refuse de se désolidariser du PC et donne la démission des ministres socialistes. Chautemps démissionne à son tour. Ce seront tour à tour Chautemps, Daladier, Herriot, Bonnet , Blum qui sollicités par le Président de la République se désistent ou échouent finalement Chautemps parviendra à former un nouveau gouvernement le 17 janvier.


13 - LE TROISIEME GOUVERNEMENT CHAUTEMPS
du 18 janvier 1938 au 10 mars 1938

 

Camille CHAUTEMPS  (1885 - 1963) -

son gouvernement:

Affaires étrangères Yvon Delbos Professeur Journaliste Radical socialiste
Education nationale Jean Zay Avocat Radical socialiste
Justice César Campinchi Avocat Radical socialiste
Intérieur et Afrique du Nord Albert Sarraut Journaliste Artiste peintre Radical socialiste
Finances Paul Marchandeau Avocat Radical-Socialiste
Défense nationale et Guerre Edouard Daladier Professeur Radical
Commerce et Industrie Pierre Cot Professeur Radical-Socialiste
Marine militaire William Bertrand Avocat  Radical Socialiste
Marine marchande Paul Elbel Professeur Radical-Socialiste
Travaux publics Henri Queuille Dr en médecine Radical-Socialiste
Agriculture Fernand Chapsal Haut Fonctionnaire
Colonies Théodore Steeg Professeur Républicain radical -socialiste
Travail Paul Ramadier Avocat Socialiste
Pensions Robert Lassalle Fonctionnaire Radical-Socialiste
Air Guy La Chambre Avocat Gauche indépendante
PTT Fernand Gentin Industriel Radical Socialiste
Santé publique Marc Rucart Journaliste Radical socialiste
Ministres d'Etat sans portefeuille Georges Bonnet, Louis-Oscar Frossard Haut fonctionnaire Radical-Socialiste (Bonnet) Instituteur Journaliste Socialiste (Frossard)

Le 8 février plus de 400 maires et conseillers généraux d'Algérie protestent contre le projet Blum, Violette qui vise à accorder le droit de vote à certains musulmans. Ils menacent de démissionner si le projet est voté. Le projet est aussi combattu par Messali Hadj. Le texte ne sera jamais soumis à la chambre.

Le 12 février Hitler convoque le Chancelier autrichien Schuschnigg pour lui imposer le nazi Seyss-Inquart comme ministre de l'intérieur. Le 11 mars le chancelier autrichien est contraint de démissionner . Le président Wilhelm Miklas est contraint de prendre Seyss-Inquart comme chancelier. Celui-ci fait aussitôt appel à l'Allemagne . Le soir même les blindés allemands entrent en Autriche réalisant l'Anchluss (rattachement).

Le 10 mars Chautemps demande les pouvoirs spéciaux pour le redressement financier mais ne parvenant pas à avoir le soutient des socialistes il démissionne.


14 - LE SECOND GOUVERNEMENT BLUM
du 18 mars 1938 au 8 avril 1938

 

Léon BLUM  (1872 - 1950) - (Voir plus haut)

son gouvernement:

Affaires étrangères Paul-Boncour Avocat  Socialiste
Éducation nationale Jean Zay Avocat Radical socialiste
Justice Marc Rucard Journaliste Radical socialiste
Intérieur Marx Dormoy Maire de Montluçon Socialiste
Trésor Léon Blum Haut fonctionnaire Socialiste
Budget Charles Spinasse Journaliste Socialiste
Défense nationale et Guerre Edouard Daladier Professeur Radical
Commerce et Industrie Pierre Cot Professeur Radical-Socialiste
Marine militaire César Campinchi Avocat Radical socialiste
Travaux publics Jules Moch Polytechnicien Ingénieur marine Socialiste
Agriculture Georges Monnet Journaliste Socialiste
Colonies Marius Moutet Avocat Socialiste
Travail Albert Sérol Avocat Socialiste
Pensions Albert Rivière Négociant Socialiste
Air Guy La Chambre Avocat Gauche indépendante
PTT Jean-Baptiste Lebas Maire de Roubaix Socialiste
Santé publique Fernand Gentin Industriel Radical Socialiste
Propagande Louis-Oscar Frossard Instituteur Journaliste Socialiste
coordination des services de la présidence du conseil Vincent Auriol Avocat Socialiste
Ministres d'Etat sans portefeuille Théodor Steeg, Albert Sarraut, Paul Faure, Maurice Viollette Professeur Républicain radical -socialiste (Steeg) Journaliste Artiste peintre Radical socialiste (Sarraut) Journaliste Socialiste (Faure) Avocat Radical socialiste(Viollette)

 

Affaires étrangères Paul-Boncour Avocat  Socialiste
Éducation nationale Jean Zay Avocat Radical socialiste
Justice Marc Rucard Journaliste Radical socialiste
Intérieur Marx Dormoy Maire de Montluçon Socialiste
Trésor Léon Blum Haut fonctionnaire Socialiste
Budget Charles Spinasse Journaliste Socialiste
Défense nationale et Guerre Edouard Daladier Professeur Radical
Commerce et Industrie Pierre Cot Professeur Radical-Socialiste
Marine militaire César Campinchi Avocat Radical socialiste
Travaux publics Jules Moch Polytechnicien Ingénieur marine Socialiste
Agriculture Georges Monnet Journaliste Socialiste
Colonies Marius Moutet Avocat Socialiste
Travail Albert Sérol Avocat Socialiste
Pensions Albert Rivière Négociant Socialiste
Air Guy La Chambre Avocat Gauche indépendante
PTT Jean-Baptiste Lebas Maire de Roubaix Socialiste
Santé publique Fernand Gentin Industriel Radical Socialiste
Propagande Louis-Oscar Frossard Instituteur Journaliste Socialiste
coordination des services de la présidence du conseil Vincent Auriol Avocat Socialiste
Ministres d'Etat sans portefeuille Théodor Steeg, Albert Sarraut, Paul Faure, Maurice Viollette Professeur Républicain radical -socialiste (Steeg) Journaliste Artiste peintre Radical socialiste (Sarraut) Journaliste Socialiste (Faure) Avocat Radical socialiste(Viollette)

Fin mars nouvelle vague de grève. Citroën débute, quelques jours après 100 000 métallurgistes sont en grève. Ils revendiquent la reconduction des conventions collectives.

Des milliers d' Espagnols se réfugient en France devant l'avancée des troupes nationalistes. Les miliciens sont désarmés et reconduits à la frontière. Alors que les Allemands fournissent de l'armement aux nationalistes et l'Italie des hommes la France et l'Angleterre qui se rappelle de l'enchaînement en 1914, refusent de s'impliquer dans le conflit. De même l'Angleterre averti la France , devant les menaces qui pèsent sur la Tchécoslovaquie, qu'elle n'a pas l'intention d'accroître les accords d'assistance au cas où la France interviendrait .

A nouveau le gouvernement de Blum tombe face aux problèmes financiers, le Sénat lui refusant les pouvoirs qu'il sollicite. Daladier forme un nouveau gouvernement.


15 - TROISIEME GOUVERNEMENT DALADIER
du 12 avril 1938 au 11 mai 1939


Édouard Daladier (1884 - 1970) ( voir plus haut)

Affaires étrangères Georges Bonnet Haut fonctionnaire Radical-Socialiste
Éducation nationale Jean Zay Avocat Radical socialiste
Justice Paul Reynaud remplacé le 1er novembre par Paul Marchandeau Avocat Républicain de gauche (Reynaud) Avocat Radical-Socialiste (Marchandeau)
Intérieur Albert Sarraut Journaliste Artiste peintre Radical socialiste
Finances Paul Marchandeau remplacé le 1er novembre par Paul Reynaud Avocat Radical-Socialiste (Marchandeau) Avocat Républicain de gauche (Reynaud)
Économie nationale et Production Raymond Patenôtre Union socialiste et républicaine
Défense nationale et Guerre Edouard Daladier Professeur Radical
Commerce et Industrie Fernand Gentin Industriel Radical Socialiste
Marine militaire César Campinchi Avocat Radical socialiste
Marine marchande Louis de Chappedelaine Radical indépendant
Travaux publics Louis-Oscar Frossard remplacé le 23 août par Anatole de Monzie Instituteur Journaliste Socialiste (Frossard) Avocat Gauche démocratique (de Monzie)
Agriculture Henri Queuille Dr en médecine Radical-Socialiste
Colonies Georges Mandel Journaliste Indépendant républicain
Travail Paul Ramadier remplacé le 23 août par Charles Pomaret Avocat Socialiste (Ramadier) Dr en droit Union socialiste et républicaine (Pomaret)
Anciens combattants et Pensions Auguste Champetier de Ribes
Avocat Démocrates populaires
Air Guy La Chambre Avocat Gauche indépendante
PTT Alfred Jules-Julien Avocat Radical-Socialiste
Santé publique Max Rucart Journaliste Radical socialiste
Vice président du conseil Camille Chautemps Radical socialiste

 

Le 9 avril les nazis font approuver l'anschluss par les Autrichiens ( 99,73%)

Le 5 mai Daladier annonce à la radio la dévaluation du franc de 12% avec l'assentiment des Américains et des Anglais. La dévaluation était bien préparée, elle relance l'activité industrielle en France

Les Sudètes ( population d'origine allemande en Tchécoslovaquie, ils sont environ 3,2 millions sur une population de 17 millions)  avaient réclamé en 1919 leur rattachement à l'Allemagne. Konrad Henlein chef des pro-nazis sudètes qui a mis au point sa stratégie avec Hitler présente leurs revendications. Les gouvernements anglais et français demandent à la Tchécoslovaquie de leur faire les concessions maximales. Craignant une opération allemande, le gouvernement Tchèque ordonne l'état d'alerte à la frontière et mobilise les réservistes. Le Gouvernement Daladier déclare que la France respecterait ses obligations si le Reich attaquait son alliée. Le 22 mai la Grande Bretagne précise qu'elle n'interviendrait que si la France était attaquée Le 30 mai Hitler décide de l'exécution du plan d'invasion de la Tchécoslovaquie en octobre.

Le 9 juin le ministre des affaires étrangères Georges Bonnet remet à l'ambassadeur de Tchécoslovaquie une note qui précise la portée du soutient de la France qui en aucun cas ne fera la guerre.

Du 6 au 15 juillet se tient une conférence à Evian à l'initiative du Président Roosevelt pour trouver une solution pour l'accueil des juifs qui ont du quitter l'Allemagne et l'Autriche. La question de l'émigration des juifs en Palestine est évoquée.

Sans se concerter avec la France l'Angleterre envoie lord Walter Runciman en mission d'information en Tchécoslovaquie et demande au gouvernement Tchèque d'accepter la médiation de Runcinam pour la question sudète. Peu après l'Allemagne rejette les propositions tchèques sur le statut des minorités. Début septembre les sudètes nazis commencent une campagne d'intimidation et de violence contre les Sudètes démocrates, les Tchèques et les Juifs. Le 10 septembre, le gouvernement Tchèque donne satisfaction à la quasi totalité des revendications de Henlein. Le 12 Hitler s'élève contre l'oppression des sudètes. Dans les jours qui suivent la tension monte. La revendication évolue passant par un plébiscite sur l'avenir des Sudètes pour finalement aboutir à une annexion pure et simple par l'Allemagne des régions à majorité sudète. Le 24 septembre la France rappelle 753 000 réservistes, l'opinion prend la mesure de la situation. Dans la journée du 28 septembre l'activité diplomatique est intense. Le 29 septembre à l'invitation d'  Hitler les chefs de gouvernement allemand, britannique, français et italien se réunissent à Munich. Les Tchécoslovaques sont exclus ainsi que les soviétiques. Le 30 septembre à 1h30 du matin un accord est signé sur la base des revendications d' Hitler. L'occupation se fera à partir du 1er octobre. Les habitants auront 6 mois pour faire leur choix.

Dés l'annonce des accords les Sudètes opposés aux nazis commencent leur émigration vers ce qui reste de la Tchécoslovaquie. A son retour à Paris Édouard Daladier est accueilli par une foule de 500 000 personnes qui l'acclame du Bourget à l'Arc de Triomphe, mais lui sait bien que c'est une " immense défaite diplomatique". Léon Blum souligne le prix de ce "lâche soulagement" et Churchill déclare " vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur , vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre".  Le prestige de la France s'écroule dans tout les petits pays d'Europe centrale et d'Amérique Latine. Louis Marin à la tribune de la chambre dira "La France, affaiblie, désarmée, sacrifiant la Tchécoslovaquie pour éviter une guerre qu'elle se sent incapable de soutenir et de gagner, vient de confesser au monde entier sa déchéance"

Le 7 octobre La Slovaquie obtient son autonomie avec l'appui de l'Allemagne. Le 2 Novembre la Hongrie annexe la lisière sud de la Slovaquie. Le démantèlement de la Tchécoslovaquie est maintenant chose faite.

Le 13 octobre conformément aux accords internationaux conclus en juillet, 10 000 soldats italiens quittent l'Espagne, le 28 ce sera le tour des brigades internationales.

Le conflit Sino-japonais qui a commencé en 1931 avec l'invasion de la Mandchourie s'étend . La ville de Canton tombe après d'intenses bombardements. Elle est livrée au pillage des soldats japonais qui se livrent à des massacres et des viols

Paul Reynaud
qui est passé ministre des finances aidé de son équipe (Jacques Ruef, Maurice Couve de Murville, Michel Debré, Alfred Sauvy ) sort 42 décrets-loi pour surmonter un déficit budgétaire de 55 milliards.

Le 7 novembre un conseiller d'ambassade allemand est victime d'une tentative d' assassinat par un jeune juif polonais . Le 9, les autorités nazies en Allemagne organise des pogroms. 7500 commerces attaqués et pillés, 267 synagogues incendiées ou détruites à l'explosif, 91 tués, des milliers d'arrestations. Goebbels ministre de la propagande donne l'ordre d'arrêter le 10 novembre à 17 heures.

Suite aux décrets-loi la CGT décide une grève générale pour le 25 novembre. Le 25 la CGT décide d'une grève de 24h pour le 30. Le gouvernement prend des mesures énergiques pour y répondre, réquisition des cheminots , sanctions contre les fonctionnaires. Le gouvernement parvient à contenir le mouvement . La CGT conviendra de son échec il y aura des milliers de licenciements.

Le 1er décembre Jean Stoetzel , ancien professeur à la Sorbonne crée le premier institut de sondage en France l' IFOP. Avant sa création officielle, un premier sondage avait eu lieu sur les accords de Munich, 37% des sondés désapprouvent les accords.
 

Depuis son exil au Mexique, après être passé par la France et la Norvège, Trotski fonde la 4ème Internationale en 1938 

Les menaces de guerre se font de plus en plus sentir le gouvernement décide d'acheter 1000 avions aux Etats Unis

Précédentes: 1937 Informations économiques - 1938 - Suivantes: 1944
De nombreux conflits sociaux, la CGT qui veut lancer la grève générale échoue


1939

En 1939 la population de la France s'élève à 41 900 000 habitants

A Paris Ribbentrop ministre des affaires étrangères allemand signe une déclaration franco-allemande de reconnaissance des frontières actuelles comme définitives et s'entend avec Bonnet sur un coopération économique qui prendra forme avec l'accord du 6 février 1939

Mussolini
ayant des revendications sur la Corse, 10 000 Corses manifestent à Marseille assurant leur loyalisme à la France. Le 2 janvier 1939, Daladier se rend à Ajaccio où il reçoit un accueil triomphal. Le président des anciens combattants corses déclare " Sur nos armes, sur nos berceaux, sur nos femmes, nous jurons de vivre et de mourir français" Mussolini dénonce également les accords sur la Tunisie le 22 décembre. Daladier entreprend également une tournée en Tunisie les 4 et 5 janvier Tunis, Souss, Sfax, Gabès pour affirmer l'attachement de la France à la Tunisie il ira ensuite en Algérie

Le 26 janvier Barcelone tombe des milliers de républicains se réfugient en France ils sont placés dans des camps dénué des infrastructures nécessaires. Ils vont devenir des camps d'internement. Le président de la république Manuel Azaña, le président des Cortes Diégo Martinez Barrio et le chef du gouvernement Juan Negrin se réfugient en France. Dans les jours qui suivent c'est la "Retirada" en incluant les Espagnols déjà réfugiés en France ce seront 500 000 personnes qui se sont exilées. La France qui reconnaît de fait le nouveau gouvernement, envoie Pétain comme ambassadeur le 2 mars.

Le 8 mars le ministre de la guerre britannique annonce aux communes la constitution d'un corps expéditionnaire de 19 divisions spécialement équipées pour combattre au coté de l'armée française. Le 10 mars Staline qui met dans le même sac Allemands, Italiens, Anglais, Français, annonce sa stratégie au cas de conflit laisser les pays s' affaiblir et entrer dans le conflit à la fin avec des troupes fraîches

Mi-mars profitant du conflit entre Tchèques et Slovaques, ces derniers réclamant leur indépendance Hitler entre en Tchécoslovaquie. 

Le premier ministre britannique affirme que la France et l'Angleterre se portent garantes de l'intégralité territoriale de la Pologne, il en sera de même pour la Roumanie et la Grèce le 13 avril.

Le 5 avril, le président Lebrun est réélu président de la République par 506 voix sur 904

 

QUI GOUVERNE CHEZ NOS AMIS ET/OU ENNEMIS

 
AU VATICAN
Pape Pie 11 (1922 - 1939)
GRANDE-BRETAGNE
Souverain George 5 (1910 - 1936), Edouard 8 (1936), George 6 (1936 - 1952)
Premier Ministre
Mac Donald (1929 - 1935), Stanley Baldwin (1935 - 1937), Neville Chamberlain (1937 - 1940)
ESPAGNE
Président Niceto Alcalà Zamora (1931 - 1936), Manuel Azaña y Diaz (1936 - 1939)
Chancellier Manuel Azaña y Diaz (1931 - 1933), Alejandro Lerroux (1933 - 1936), José Giral (1936), Francisco Largo Caballero (1936 - 1937), Juan Négrin (1937 - 1939)
1936 - 1939 guerre d'Espagne à partir de 1939, dictature Francisco Franco y Bahamonde (1936 - 1975)
PORTUGAL
Président Oscar Carmona (1926 - 1951)
Président du conseil  Antonio de Oliveira Salazar (1932 - 1968)
ETATS-UNIS D'AMERIQUE
Président Herbert Clark Hoover (1929 - 1933), Franklin D. Roosevelt (1933 - 1945)
ALLEMAGNE
Président Paul Von Hindenburg (1925 - 1934)
Chancellier Heinrich Brüning (1930 - 1932), Franz von Papen (1932), Kurt von Schleicher (1933)
3ème Reich le Führer cumule tous les pouvoirs
Adolf Hitler1934 - 1945)
AUTRICHE Annexée à l'Allemagne à partir de 1938 ( Anschluss)
Président Wilhelm Miklas (1928 - 1938)
Chancellier Otto Ender ( 1930 - 1931) , Karl Buresch (1931 - 1932), Engelbert Dollfuss (1932 - 1934), Kurt von Schuschnigg (1934 - 1938), Arthur Seyss-Inquart (1938 - 1945)
RUSSIE
Secrétaires du Comité Central du PC Joseph Staline (1922 - 1953)
Présidents du conseil des ministres: Alexis Rikov (1922 - 1930), Viatcheslav Skriabine dit Molotov (1930 - 1941)

 

 

La présidence de Paul Doumer Répertoire alphabétique Liste des documents

Retour à la page d'accueil

Retour au tableau synthétique Seconde présidence de Albert Lebrun

 

Informations sur la fiche
Numéro 127/142
Numéro - 3ème République 18/19
Dernière révision 29/03/2016