La France se redresse il y a du travail, peu de chômeur mais la vie politique est instable  la constitution de la 4ème république en est la responsable. C'est aussi la période du Baby-boom 550 000 naissances annuelles avant la guerre 800 000 pendant 28 années après la guerre.
Nous sommes dans les "Trente Glorieuses" 1945 - 1975

 

 

QUATRIÈME RÉPUBLIQUE
13 octobre 1946 - 28 septembre 1958

 

 

Présidence de 
RENE COTY
du  16 janvier 1954 au   8 janvier 1959

 

coty_2.JPG (109866 octets)

RENE COTY
1882 - 1962

né au Havre, il est  fils d'un directeur de collège, républicain modéré. Il est licencié en droit et  en lettres/philosophie. Il participe à la campagne électorale de Jules Siegfried, député-maire du Havre.
Avocat, il s'inscrit au barreau du Havre (inscrit jusqu'en 1932), il est par deux fois bâtonnier de l'Ordre. Il est élu conseiller d'arrondissement sous l'étiquette radical et radical socialiste ; son élection est invalidée, mais il est réélu sans interruption de 1908 à 1919.
En mai 1908 Il est élu conseiller municipal du Havre (jusqu'en 1919) sur la liste Union du comité républicain du Bloc des Gauches.
En août 1913, Il est conseiller général de Seine-Inférieure et le restera jusqu'en 1942
1914-1918 : engagé volontaire, il participe notamment à la bataille de Verdun.
En décembre 1919 : il connaît un échec aux élections municipales et ne s'y représentera jamais. Il succède à Jules Siegfried comme député du Havre de 1923 à 1936.
En 1936 il devient Sénateur il y restera jusqu'en 1940 là il votera les pleins pouvoirs à Pétain mais se tiendra à l'écart de la vie politique jusqu'en 1943
De septembre 1944 à octobre 1945, déclaré inéligible du fait de son vote du 10 juillet 1940, il est relevé de son inéligibilité par un jury d'honneur le 11 octobre 1945.
Membre du parti des Républicains indépendants, il est  député aux deux assemblées constituantes. puis député de Seine-Inférieure.
De  novembre 1947à septembre 1948 : Il est ministre de la reconstruction et de l'urbanisme.
En novembre 1948 il est réélu sénateur.
Le 23 décembre 1953  il est élu Président de la République et de l'Union française, au treizième tour, à l'âge de 72 ans.
Le 29 mai 1958,   par message au Parlement, il fait appel au général de Gaulle qui accepte le soir même de constituer un gouvernement.
Le 4 octobre 1958 : promulgation de la Constitution de la VèmeRépublique et le 8 janvier 1959 il  transmet les pouvoirs au général de Gaulle.
René Coty s'éteint au Havre le 22 novembre 1962.

Histoire des présidents - EDL

 

Quatrième république
Gouvernement De Gaulle
Assemblées constituantes
Vincent Auriol
René Coty
Laniel
Mendes-France
Faure
Mollet
Bourgès-Maunoury
Gaillard
Pflimlin
De Gaulle
Cinquième république
 

Président de l'Assemblée nationale:
André le Troquer

du  12 janvier 1954 au 10 janvier 1955

r

Précédent

Suivant

 

Vincent Auriol lors de l'élection de René Coty  a refusé la démission de Joseph Laniel celui-ci continue avec le nouveau Président (pour la composition du gouvernement voir la fiche "Vincent Auriol" )

1954

Le 2 février 1954 Diên Biên Phû est encerclé par les unités Vietminh qui lancent une attaque massive le 13 mars. Le 7 mai le camp retranché tombe submergé par le nombre (5 contre 1)

Le 10 avril 1954 l'assemblée vote la loi instaurant la Taxe à la Valeur Ajoutée (TVA) . Crée à l'initiative de Maurice Lauré directeur adjoint de la DGI (Direction Générale des Impôts) et soutenu par Pierre Mendès France, au départ ne concerne que 300 000 industriels et grossistes, en 1968 elle sera généralisée. En 1980 elle sera employée par 48 pays de l'Europe Occidentale et de l'Amérique Latine aujourd'hui c'est 150 pays qui l'ont mise en application et pour lesquels la taxe représente près de 20% des recettes fiscales. La TVA est obligatoire pour entrer en Europe.


Le monde du 9-10 mai 1954

le 12 juin lors du débat sur l'Indochine, le gouvernement est mis en minorité , il démissionne.

Quatrième république
Gouvernement De Gaulle
Assemblées constituantes
Vincent Auriol
René Coty
Laniel
Mendes-France
Faure
Mollet
Bourgès-Maunoury
Gaillard
Pflimlin
De Gaulle
Cinquième république

 

1 - Gouvernement  de PIERRE MENDES FRANCE
du 18 juin 1954 au 5 février 1955

Pierre Mendes-France ( 1907 - 1982 )

Pierre Mendès France est né à Paris, le 11 janvier 1907.  En 1924, Edouard Herriot conduit le Cartel des gauches, il adhère au Parti radical et milite à la LAURS (Ligue d'action républicaine et socialiste). Avec ses camarades, il fait le coup de poing contre les Camelots du roi de l'Action française.
Docteur en droit, il devient le plus jeune avocat de France. En 1928, Mendès-France fait son service militaire comme caporal dans l'aviation ; au sein du Parti radical, fait partie des Jeunes Turcs, avec Jean Zay, Pierre Cot et Jacques Kayser. Il s'installe l'année suivante comme avocat à Louviers, dans l'Eure. Le deuxième livre ouvrage de Mendès-France, paru en 1930, La banque internationale. Contribution à l'étude du problème des Etats-Unis d'Europe, reçoit un accueil chaleureux et commence à imposer PMF comme un économiste reconnu.

Mendes_2.jpg (64790 octets) - Aux élections de 1932, il est élu député de l'Eure. Son premier grand discours économique à la Chambre des députés en 1934, lui vaut l'approbation publique de Léon Blum. L'année suivante, il est élu maire de Louviers. Après sa réélection comme député en 1936, Mendès-France est le seul à voter contre la participation de la France aux Jeux olympiques de Berlin. PMF soutient le Front populaire, mais il est en désaccord sur la politique monétaire et la non-intervention dans la guerre d'Espagne.- Sous-secrétaire d'Etat au Trésor dans le deuxième gouvernement Blum du Front populaire en 1938, il élabore, avec Georges Boris, le premier plan de développement économique proposé au Parlement, mais le gouvernement est renversé avant qu'il ne soit appliqué.
-  En 1939 PMF est nommé lieutenant de réserve dans l'aviation au Levant. Il ne parvient pas à être affecté dans une unité combattante. Il est arrêté à Casablanca en 1940 et incarcéré à Clermont-Ferrand pour désertion et condamné en 1941 à six ans de prison.  Il s'évade. Il vit pendant quelques mois dans la clandestinité et rejoint De Gaulle à Londres. Choisi comme commissaire aux Finances du CFLN en 1943, il élabore le plan de redressement de l'économie française. Il est confirmé dans son poste dans le Gouvernement provisoire. PMF s'oppose à la politique plus facile prônée par René Pleven. De Gaulle choisit la politique de Pleven,   partisan de la rigueur il démissionne.
- La période1946-1951 est pour lui le moment où il s'éloigne de la politique. Il travaille au sein de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), Conseil économique et social de l'O.N.U., puis du FMI.
-  Au début des années 50, il retrouve son siège de député de l'Eure. Cette nouvelle situation lui permet de commencer à intervenir au Parlement contre la guerre en Indochine. Dans cette même lignée, il défend à Tunis plusieurs militants indépendantistes tunisiens.
- En 1953  il est élu président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale.
- En 1954 il devient président du conseil, il sera renversé 6 mois plus tard .  Elu premier vice-président du Parti radical, il tente de le régénérer et mène campagne pour le Front républicain
-  En 1956, Ministre d'Etat du gouvernement Guy Mollet, il en démissionne à cause de la politique menée en Algérie , l'année suivante il quittera le parti radical
- En 1958, le démocrate légaliste qu'il est ne peut pas accepter les conditions dans lesquelles de Gaulle prend le pouvoir, il va faire preuve d'une opposition sans faille jusqu'au bout ; battu aux élections législatives dans l'Eure, il abandonne ses mandats de maire et de conseiller général pour se consacrer à la réflexion politique
- En 1959,   il adhère au Parti socialiste autonome (PSA), qui fusionne avec d'autres groupes dans le PSU l'année suivante
- En 1965, PMF accorde son soutien à François Mitterrand contre de Gaulle lors des élections présidentielles en 1967 Il est élu député de Grenoble ; sa première épouse décède
- PMF participe au mouvement de mai, en particulier en se rendant au stade Charlèty ; il perd son siège de député de Grenoble et démissionne du PSU
- En 1969, il fait campagne aux côtés de Gaston Defferre lors des élections présidentielles dont les résultats seront catastrophiques
Pour des raisons de santé il réduit ses activités politiques et  il soutient François Mitterrand lors des élections présidentielles  en 74 et en 81
Il s'éteint à sa table de travail le 18 octobre1982 ; la France lui rend hommage par des funérailles nationales


Le monde du 19 juin 1954

Gouvernement de Pierre Mendès France ( du 18 juin 1954 au 3 septembre 1954)

Finances, Affaires économiques , Plan Edgard Faure Avocat PRS Agriculture Roger Houdet Ingénieur Supelec URAS
Affaires étrangères P Mendès France Avocat PRS Santé et population Louis Paul Aujoulat Dr en médecine MRP
Affaires marocaines et tunisiennes Christian Fouchet Haut fonctionnaire URAS Travail et sécurité sociale Claudius Petit Professeur de dessin (UDSR)
Education nationale Jean Berthoin Haut fonctionnaire PRS Industrie et Commerce Bourgès Maunoury Polytechnicien PRS
Justice Emile Hugues Notaire PRS Transports et Travaux publics J Chaban Delmas Journaliste URAS
Intérieur François Mitterrand Avocat UDSR  Reconstruction, urbanisme Maurice Lemaire Polytechnicien Ing Chemins de fer (URAS)
Défense nationale  Pierre Koenig Général Outremer Robert Buron Economiste MRP
  Anciens combattants Emmanuel Temple Avocat CNIP

CNIP: Centre national des Indépendants et Paysans, MRP: Mouvement Républicain Populaire,  PCF: Parti Communiste Français,  PRS: Parti républicain, radical et radical socialiste, SFIO: Section Française de l'Internationale Ouvrière (Socialiste), URAS et ARS sont issus de l'éclatement du RPF Union des Républicains d'Action Sociale et Action Républicaine et Sociale

Juin et juillet 1954. Après une rencontre entre Mendès et Chou En-Lai , ministre chinois des affaires étrangères, les négociations concernant l'Indochine se déroulent à Genève. La délégation française est conduite par Mendès France.
Le 14 juillet les premiers soldats blessés sont libérés. Sur 37 000 prisonniers, la moitié sont morts au cours des marches forcées, des rééducations impitoyables et des difficiles conditions de vie.
Le 21 juillet l'accord militaire est signé entre la France et le Vietminh. Le Vietnam sera partagé en 2 au niveau du 17ème parallèle. Des élections auront lieu en juillet 1956 dans les 2 zones.
Le 31 juillet PMF prononce à Carthage un discours dans lequel il proclame " l'autonomie interne de l'Etat tunisien". Le 5 septembre les négociations s'ouvrent à Tunis.

Le 13 août, PMF propose au conseil des ministres un compromis sur la CED. Seules les troupes françaises hors du territoire national seraient incluses dans la CED, chaque état aura un droit de veto. Les trois ministres gaullistes démissionnent ( voir ci dessus le tableau du gouvernement) le projet est rejeté par les ministres des affaires étrangères des pays membres. Le 30 août, le traité sur la CED est rejeté par l'assemblée nationale alors qu'il a été ratifié par les cinq autres parlements ( Belgique, Italie, Pays Bas, Luxembourg, RFA)

Le 15 août, les Etats Unis votent la mise hors la loi du parti communiste

Le 31 août le comité directeur de la SFIO exclut Max Lejeune, Jules Moch et Daniel Mayer pour avoir voté contre la CED et trois ministres partisans de la CED démissionnent Bourgès Maunoury, (Radical) Claudius Petit (UDSR), Emile Hugues (Radical)

Nouveau remaniement du gouvernement au 3 septembre 1954 au 20 janvier 1955

Finances, Affaires économiques , Plan Edgard Faure Avocat PRS Agriculture Roger Houdet Ingénieur Supelec URAS
Affaires étrangères P Mendès France Avocat PRS Santé et population André Monteil Professeur MRP
Affaires marocaines et tunisiennes Christian Fouchet Haut fonctionnaire URAS Travail et sécurité sociale Louis Paul Aujoulat Dr en médecine MRP
Relations avec les Etats associés Guy La Chambre Avocat CNI Industrie et Commerce Henri Ulver   Commerçant PRS
Education nationale Jean Berthoin Haut fonctionnaire PRS Transports et Travaux publics Reconstruction, urbanisme J Chaban Delmas remplacé le 12/11 par Maurice Lemaire Journaliste URAS (Chaban) Polytechnicien Ing Chemins de fer (URAS) (Lemaire)
 
Justice Jean Michel Guérin de Beaumont Avocat CNIP Outremer Robert Buron Economiste MRP
Intérieur François Mitterrand Avocat UDSR  Anciens combattants Jean Masson Avocat PRS
Défense nationale Emmanuel Temple Avocat CNIP  

CNIP: Centre national des Indépendants et Paysans, MRP: Mouvement Républicain Populaire,  PCF: Parti Communiste Français,  PRS: Parti républicain, radical et radical socialiste, SFIO: Section Française de l'Internationale Ouvrière (Socialiste), URAS et ARS sont issus de l'éclatement du RPF Union des Républicains d'Action Sociale et Action Républicaine et Sociale


Des fuites ont eu lieu au conseil de défense au profit du PC. Le 1er octobre Turpin et Labrusse membres du cabinet du secrétaire général de la défense nationale reconnaissent en être les auteurs. Ils seront condamnés le 20 mai 56 à 6 et 4 ans de prison.

Le 23 octobre 1954 Pierre Mendès France et Konrad Adenauer signent les accords de Paris. La RFA obtient le rétablissement de sa souveraineté extérieure, la fin du régime d'occupation et entre dans l'UEO et dans l'alliance atlantique. La Sarre recevra un statut européen dans le cadre de l'UEO, la population se prononcera par référendum. Ces accords seront ratifiés par l'assemblée le 30 décembre 1954 de justesse ( 287 voix contre 256 )

Algérie:
Le 1er novembre 1954 une série d'attentats dans toute l'Algérie marquent le début de l'insurrection menée par le FLN (Front de Libération Nationale). Ces évènements prendront le nom de "Toussaint rouge".  Mendès déclarera " l'Algérie c'est la France" , il annonce "une répression sans faiblesse car elle est sans injustice" .
Début janvier 1955 le "Nouvel Observateur" Claude Bourdet interpelle Mendès et Mitterrand sur les agissements de la police française en Algérie et François Mauriac dans "l'Express" dénonce déjà la torture en Algérie (Algérie : suite en 1955)
En Novembre, sortent les décrets anti-alcooliques qui limitent les droits des bouilleurs de crus . Au cours d'une réception officielle internationale, Mendès se fait servir un verre de lait. Un trouble envahit les partis politiques tributaires du vote des agriculteurs. L'UDCA de Pierre Poujade en fera un cheval de bataille. L'UDCA décidera la grève de l'impôt le 24 janvier 1955.
Le 2 décembre aux Etats Unis c'est la fin du MacCartisme, le Sénat vote une motion mettant fin à la " chasse aux sorcières".
Une campagne souvent haineuse se développe contre Mendès et son ministre de l'intérieur François Mitterrand 

Précédentes: 1952 Informations économiques - 1953 - 1954 - Suivantes: 1956
PIB
Le PIB s'est élevé à 24,741 milliards d'Euros (Insee) en 1954 et 23,307 en 1953 soit un accroissement de 6,1%
 

Dés l'été 1953 la France renoue avec l'expansion, l'accélération des investissements est sensible, ils se situent au niveau de 10%, mais cependant la guerre d'Indochine pèse lourd dans le budget de l'état ( 34% en 1953 )
Le 2ème plan entre en action début 54 sous l'autorité du commissaire Etienne Hirsch. Il a été élaboré par 24 commissions de modernisation. Le contrôle de son exécution sera assuré à posteriori par le parlement (loi de 1956). Ses objectifs sont d'atteindre une croissance annuelle de la production industrielle et agricole de 4, 4% et d'exercer des actions en faveur de la recherche et de la productivité en assurant la conversion de la main-d'œuvre.
Création de la TVA

  1938 1952 1954
PIB 100 146 160
Production Industrielle 100 145 159
Production agricole 100 103 117
Taux d'Inflation annuel   + 11, 8% - 0, 4%

Nouveau remaniement gouvernemental, du 20 janvier 1955 au 5 février 1955

Finances, Affaires économiques et plan Robert Buron Economiste MRP Agriculture Roger Houdet Ingénieur Supelec URAS
Affaires étrangères Edgard Faure Avocat PRS Santé et population André Monteil Professeur MRP
Relations avec les Etats associés Guy La Chambre Avocat CNI Travail et sécurité sociale Louis Paul Aujoulat Dr en médecine MRP
Education nationale Jean Berthoin Haut fonctionnaire PRS Industrie et Commerce Henri Ulver Commerçant PRS
Justice Emmanuel Temple Avocat CNIP Transports et Travaux publics Reconstruction, urbanisme Maurice Lemaire Polytechnicien Ing Chemins de fer (URAS)
Intérieur François Mitterrand Avocat UDSR  Marine Marchande Raymond Schmittlein Haut fonctionnaire  URAS
Défense nationale Jacques Chevallier URAS Information G Pierre Galy-Gasparou Avocat PRS
Forces armées Bourgès Maunoury Polytechnicien PRS Outremer Jean jacques Juglas Professeur Géo Economique MRP
Armement Diomède Catroux URAS Anciens combattants Jean Masson Avocat PRS

CNIP: Centre national des Indépendants et Paysans, MRP: Mouvement Républicain Populaire,  PCF: Parti Communiste Français,  PRS: Parti républicain, radical et radical socialiste, SFIO: Section Française de l'Internationale Ouvrière (Socialiste), URAS et ARS sont issus de l'éclatement du RPF Union des Républicains d'Action Sociale et Action Républicaine et Sociale
 

1955

 

Président de l'Assemblée nationale:
Pierre Schneiter

du  11 janvier 1955 au 2 décembre 1955

r

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Suivant

 

Algérie suite de1954
Le 26 janvier Jacques Soustelle qui à l'époque est de tendance libérale est nommé gouverneur général de l'Algérie. Après avoir établit un programme d'investissement de 6 milliards de francs il déclare que la France a fait le choix de l'intégration. (Algérie suite en mars 1955 )
Le 5 février 1955 le cabinet Mendès France est renversé. Après les tentatives de constitution d'un gouvernement par Pinay, Pfimlin et Pineau, Edgard Faure obtient l'investiture  
 

Quatrième république
Gouvernement De Gaulle
Assemblées constituantes
Vincent Auriol
René Coty
Laniel
Mendes-France
Faure
Mollet
Bourgès-Maunoury
Gaillard
Pflimlin
De Gaulle
Cinquième république
2 - Gouvernement  de EDGAR FAURE
du 23 février 1955 au 24 janvier 1956

 

Faure_2.jpg (49743 octets) Edgar Faure ( 1908 - 1988 )

Né à Béziers, docteur en droit, diplômé des langues orientales, il est professeur agrégé de droit à l'université de Dijon. Chef des services juridique du Comité de Libération nationale puis du gouvernement provisoire d'Alger , il représente la France au procès de Nuremberg. député du jura de tendance radicale, il est plusieurs fois ministre avant d'être président du conseil en 1952
Il succède à Mendès France à la présidence en 1955 où il prépare l'indépendance du Maroc et fait aboutir le processus d'autonomie de la Tunisie.
Pour avoir dissout l'assemblée en 1955, il est exclu du parti radical et sera réintégré en 1961.
Rallié à De Gaulle il est ministre de l'agriculture en 66 et surtout ministre de l'éducation nationale en 68. Il propose alors une série de réformes visant à faire participer tous les acteurs de la vie universitaire à la gestion des universités, à leur autonomie administrative, pédagogique et financière.
En 1972 il est ministre dans le gouvernement Messmer et en 1973 il est président de l'assemblée nationale, il entre à l'académie française en 1978.

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/

Gouvernement de Edgar Faure  ( du 23 février 1955 au 24 janvier 1956)

Finances et Affaires économiques Pierre Pfimlin Avocat MRP Agriculture Jean Sourbet Viticulteur CNIP
Affaires étrangères Antoine Pinay Tanneur CNIP Santé et population Bernard Lafay Dr en médecine PRS
Affaires tunisiennes et marocaines Pierre July Avoué ARS Travail et sécurité sociale Jean-Paul Bacon Syndicaliste MRP
Education nationale Jean Berthoin Haut fonctionnaire PRS Industrie et Commerce André Morice Entrepreneur de Travaux publics PRS
Justice Robert Schuman Avocat MRP PTT Edouard Bonnefous Journaliste UDSR
Intérieur Maurice JM Bourgès Maunoury Polytechnicien PRS Transports et Travaux publics Edouard Corniglion-Molinier Général URAS
Défense nationale Pierre Koenig remplacé le 6/10 par Pierre Billotte Généraux URAS Marine marchande Paul Antier Agriculteur CNIP
Anciens combattants Raymond Triboulet remplacé le 20/10 par Vincent Badie Haut fonctionnaire MRP (Triboulet) Avocat PRS (Badie) Reconstruction et Logement Roger Duchet Vétérinaire CNIP
  Outremer PH Teitgen MRP

CNIP: Centre national des Indépendants et Paysans, MRP: Mouvement Républicain Populaire,  PCF: Parti Communiste Français,  PRS: Parti républicain, radical et radical socialiste, SFIO: Section Française de l'Internationale Ouvrière (Socialiste), URAS et ARS sont issus de l'éclatement du RPF Union des Républicains d'Action Sociale et Action Républicaine et Sociale

Algérie: suite de janvier 1955
- Le 28 mars le gouvernement obtient les pouvoirs spéciaux en matière économique, sociale et fiscale.
Edgar Faure fait voter l'état d'urgence en Algérie. Soustelle rencontre clandestinement un délégation algérienne. Le 16 mai le gouvernement porte les forces à 100 000 hommes. Un plan de réformes est présenté au conseil des ministres le 1er juin 55. Le 20 et 21 août des commandos attaques commissariats, casernes et villages dans le Constantinois123 morts dont 71 Européens. La répression fait officiellement 1271 morts mais le nombre réel serait 10 fois plus important. Le 30 septembre l'assemblée général de l'ONU décide l'inscription de la question algérienne  à l'ordre du jour . la délégation française quitte la salle. (Algérie suite en février 1956)
- En Tunisie, le 1er juin 1955, Habib Bourguiba regagne Tunis après 3 ans d'exil, et 2 jours plus tard la convention accordant l'autonomie interne de la Tunisie est signé.
- Au Maroc le résistant Gilbert Grandval remplace Francis Lacoste  comme résident général. Ce choix montre que Edgard Faure cherche à résoudre le problème Marocain pacifiquement comme en Tunisie. Après des attentats à Casablanca et des atermoiements du gouvernement il démissionne le 22 août. Le 20 août anniversaire de la déposition du Sultan de graves incidents insurrectionnels font 47 morts parmi les Européens. Au cours d'entretiens franco-marocains à Aix les Bains le retrait du sultan Ben Arafa est décidé ainsi que le retour de Mohamed Ben Youssef suite à des négociations menées par Catroux à Madagascar. Le 9 octobre l'assemblée approuve la politique marocaine du Gouvernement. du 6 au 16 novembre les entretiens de La-Celle-Saint-Cloud Le sultan Mohamed Ben Youssef fait un retour triomphale à Rabat où il prend le nom de Mohamed 5. Le Maroc devient un état libre et indépendant.
Le 2 avril le Smig est porté à 126 francs de l'heure
Les pays communistes signent le 14 mai le pacte de Varsovie
Le 15 mai les dernières forces françaises quittent le Vietnam
Le 2 juin Jean Monnet démissionne de la Présidence du pool charbon-acier René Mayer prend sa suite
Le référendum sur la Sarre rejette le statut prévu Guy Mollet et Konrad Adenauer s'attellent à un règlement définitif qui aboutit le 27 octobre
Edgard Faure veut avancer la date des élections. Son gouvernement est alors renversé par l'assemblée. En retour il dissout l'assemblée. Edgard Faure est exclu du parti radical . Les élections sont fixées pour le 2 janvier 1956. Un front républicain se forme avec l'UDSR, les républicains sociaux et la SFIO, mais la SFIO refuse tout apparentement avec le PC.
Le 8 décembre 1955 L'Europe adopte le drapeau bleu orné de 12 étoiles d'or.

Sciences:
L'Italien Emilio Segré et l'Américain Owen Chamberlain mettent en évidence l'antiproton. En 1931 Paul Dirac avait prédit l'existence d'antiparticules, en 1932 l'antiélectron avait été découvert. Ces trois savants se verront décerner le prix Nobel


1956

Le 2 janvier le docteur Andrée Lagroua-Weil Hallé fonde le centre de la maternité heureuse qui deviendra en 1960 le Planning familial
Résultat des élections du 2 janvier 1956

Par le biais des apparentements une multitude de partis se partagent les sièges mais les deux extrêmes Communistes et Poujadistes totalisent plus de 200 sièges.

Inscrits 26 774 899 % des votants Elus Elus
1951
Votants 22 171 957
Abstentions 4 602 942      
Communistes 5 514 403 25, 9 150 103
SFIO 3 247 431 15, 2 94 107
UDSR 2 389 163 11, 3 19 90
MRP 2 336 321 11, 1 83 95
Rép sociaux 585 764 2, 7 21  
Modérés 3 259 782 14, 1   71
Radicaux     58  
CNIP (Indépendants et paysans)     95  
Centre républicain     14  
UFF (Poujadistes) 2 483 813 11, 0 52  
Autres     7  

 

Président de l'Assemblée nationale:
André le Troquer

du  24 janvier 1956 au 4 octobre 1958

r

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Suivant

 

Quatrième république
Gouvernement De Gaulle
Assemblées constituantes
Vincent Auriol
René Coty
Laniel
Mendes-France
Faure
Mollet
Bourgès-Maunoury
Gaillard
Pflimlin
De Gaulle
Cinquième république
3 - Gouvernement  de GUY MOLLET
du 31 janvier 1956 au 21 mai 1957

 

Mollet_2.jpg (60390 octets) Guy Mollet  ( 1905 - 1975 )

Professeur d'anglais issu d'un milieu modeste, il pratique très tôt le syndicalisme et le militantisme politique dans les rangs de la SFIO. Fait  prisonnier en 1940, il rejoint la Résistance dès son rapatriement en 1942.
Député-maire d'Arras, où il sera réélu par la suite sans interruption, Guy Mollet devient secrétaire général de la SFIO en 1946.
Il est ministre d'État de Blum, chargé du Conseil de l'Europe sous Pleven en 1950 et vice-président du Conseil sous Queuille l'année suivante.
En 1956, président du Conseil, Il ne parvient pas à imposer ses solution pour le conflit algérien (cessez-le-feu, élections, négociations). il engage le contingent en Algérie et lance l'expédition de Suez qui finira piteusement Il démissionne en mai 57. .
Son ministère est le plus long de la IVème République.
Il accepte la Constitution de 1958 et devient  ministre d'État de Charles de Gaulle avant de rompre avec le fondateur de la Vème République.
La disparition de la SFIO et la création du PS, en 1969, mettent un terme à sa carrière politique

Gouvernement de Guy Mollet  ( du 31 janvier 1956 au 21 mai 1957)

Ministre d'Etat P Mendès France jusqu'au 23/05/56
Ministre d'Etat Jacques Chaban Delmas

 

Finances et Affaires économiques Robert Lacoste (SFIO) remplacé par Paul Ramadier le 14/02 Fonctionnaire  SFIO (Lacoste), Avocat SFIO (Ramadier) Affaires sociales Albert Gazier SFIO
Affaires étrangères Christian Pineau (SFIO) Employé de banque SFIO Outremer Gaston Deferre Avocat Maire de Marseille SFIO
Education nationale François Billières Professeur PRS Anciens combattants Tanguy Prigent Syndicaliste SFIO
Justice François Mitterrand Avocat UDSR  
Intérieur Jean Gilbert-Jules Avocat PRS  
Défense nationale Bourgès-Maunoury Polytechnicien PRS  

CNIP: Centre national des Indépendants et Paysans, MRP: Mouvement Républicain Populaire,  PCF: Parti Communiste Français,  PRS: Parti républicain, radical et radical socialiste, SFIO: Section Française de l'Internationale Ouvrière (Socialiste), URAS et ARS sont issus de l'éclatement du RPF Union des Républicains d'Action Sociale et Action Républicaine et Sociale

Algérie suite de mars 1955:
- Le 6 février Guy Mollet accompagne le général Catroux qu'il a nommé résident général en Algérie. Il est pris à parti par la foule . Le 9 il nomme Robert Lacoste à la place de Catroux et Paul Ramadier devient ministre des finances. Le 14 février, le pétrole jaillit en Algérie.
- Le 28 Guy Mollet lance un appel solennel aux Algériens "Cessez-le-feu, élections, négociations" . Augustin Guillaume (chef d'Etat Major général) et André Zeller (chef d'Etat Major de l'armée de terre) démissionnent pour protester contre la lenteur des renforts. Le 12 mars l'assemblée donne les pleins pouvoirs au gouvernement en Algérie. Robert Lacoste concentre entre ses mains tous les pouvoirs.
- Le 11 avril le gouvernement rappel 70 000 hommes de la classe 52  et le 9 mai 50 000 autres. de janvier à juillet 56 les forces armées en Algérie vont passer de 200 000 à 400 000 hommes
- Echec de négociations secrètes Ferhat Abbas et d'autres rallient le FLN au Caire le 22 avril le 23 mai P Mendès France en désaccord sur la politique algérienne quitte le gouvernement. Le 26 mai les dirigeants FLN posent comme préalable à toute solution la reconnaissance par la France du droit à l'indépendance.
- En septembre premiers attentats à la bombe dans les cafés d'Alger. Le 16 octobre arraisonnement  au large d'Oran d'un bateau venant d'Egypte "l'Athos"   avec une cargaison d'armes.
Ahmed ben Bella et 4 autres dirigeants FLN sont accueillis par Mohamed 5 au Maroc ce qui entraîne la rupture des discussions sur la normalisation des rapports franco-marocains. Le 22 octobre 56, l'avion qui les transporte de Rabat à Tunis est détourné sur Alger , les responsables FLN sont fait prisonnier. Il s'agit de ben Bella, Mohamed Khider, Mohamed Boudiaf, Hocine Aït Ahmed, Mostefa Lacheraf. Alain Savary, secrétaire d'état aux affaires tunisiennes et marocaines et Pierre de Leusse démissionnent.
- Le général Raoul Salan est nommé commandant en chef en Algérie avec les pleins pouvoirs militaires le 15 novembre, il échappe à un attentat au Bazooka fomenté par des extrémistes de droite le 16 janvier.  Le 7 janvier le général Massu et sa 10ème division de parachutistes est chargé du maintien de l'ordre à Alger , c'est le début de la bataille d'Alger qui sera gagnée en juillet. (Algérie suite en mars 1957)

Le 14 février 20ème congrès du parti communiste début du processus de déstalinisation. Nikita Khrouchtchev présente son rapport "sur le culte de la personnalité et les crimes de Staline". Le 6 juin "le Monde " publie le rapport Khrouchtchev au 20ème congrès du PC de l'Union Soviétique

Le 15 février 11 parlementaires poujadistes sont invalidés pour avoir présenté trois listes différentes contournant ainsi la loi électorale. Les élus poujadistes provoquent de violents incidents à l'assemblée. Le remplacement de ces députés se fait un peu n'importe comment ce qui accroît le malaise

Depuis la fin de 55 des discussions de déroulent pour rendre le Maroc indépendant c'est chose faite le 2 mars 1956 mais certaines régions dépendent de l'Espagne un accort sera conclu entre le Maroc et l'Espagne. La Tunisie qui était sous protectorat français depuis 1881 devient également indépendante le 20 mars 1956.

Le 21 mars création du fond national de solidarité. Les 100 milliards nécessaires sont couverts par des impôts nouveaux comme la Vignette automobile (créée le 30 juin 1956) et l'augmentation des impôts existants , revenu, droits de succession, transaction boursières, apéritifs.
Le 23 mars l'assemblée nationale vote la loi cadre présentée par Gaston Deferre sur l'évolution des territoires d'outremer. C'est le début de la décolonisation

Des entretiens de Christian Pineau avec John Foster Dulles aboutissent à un accord franco-américain de coopération atomique le 5 juin 1956

Le 26 juin début d'une conférence intergouvernementale près de Bruxelles pour la rédaction des traités du Marché Commun et de l'Euratom

- En Egypte après le refus de la France, de la Grande Bretagne et des Etats Unis de participer à la construction du barrage d'Assouan, Nasser décrète la nationalisation du canal de Suez. La France, de la Grande Bretagne et des Etats Unis bloquent les avoirs égyptiens. Antony Eden déclare que la Grande Bretagne n'acceptera jamais que le canal de Suez soit contrôlé par un seul pays.
- Le 22 octobre, des entretiens ont lieu à Londres entre Guy Mollet, Anthony Eden et David Ben Gourion. le 29 octobre les troupes israëliennes entrent en Egypte. Le conseil de sécurité est saisi par les Etats Unis qui condamnent Israël et demande un cessez-le-feu. La France et la Grande Bretagne lancent un ultimatum à Israël et à l'Egypte.  L'Egypte le rejette et rompt les relations diplomatiques.
- L'aviation franco-anglaise bombarde les aéroports égyptiens le 31 octobre. Les troupes franco-britanniques occupent Port Saïd et Port Fouad. Le maréchal Boulganine chef du gouvernement de l'URSS met en demeure la France, l'Angleterre et Israël d'arrêter leurs opérations en Egypte. Les trois intervenants obtempèrent le 6. Le 29 novembre en France l'essence est rationnée. Les troupes évacuent Port Saïd le 22 décembre. Le blocage du canal et la pénurie énergétique incitent les Européens à accélérer leur politique nucléaire.

Le 28 septembre, à Marcoule la pile atomique G1 ( filière graphite - gaz ) commence à produire de l'électricité d'origine nucléaire. C'est la première fois en Europe.

23 octobre au 2 novembre insurrection en Hongrie contre le pouvoir communiste. Imre Nagy   forme un gouvernement de Front National et défie l'URSS en faisant sortir son pays du pacte de Varsovie. Le 4 novembre les troupes soviétiques entrent à Budapest et mettent fin à l'expérience Nagy  l'intervention fait 2 500 morts. Manifestations à Paris contre le PC

Précédentes: 1954 Informations économiques - 1955 - 1956 - Suivantes:1958
PIB
Le PIB s'est élevé à 29,304 milliards d'Euros (Insee) en 1956 et 26,596 en 1955 soit un accroissement de 10,2%
 

Premier vol de Caravelle qui sera une réussite technologique, en 57 Dassault fera voler son Mirage 3 à 2000km/h, l'industrie aéronautique accomplit de belles performances
La pile atomique de Marcoule commence à produire de l'électricité
Découverte du gisement de pétrole de Hassi Messaoud et de gaz à Hassi r'Mel dans le Sahara algérien. Du pétrole est également trouvé au Gabon (pointe Clairette)

  1938 1952 1954 1956
PIB 100 146 160 189
Production Industrielle 100 145 159 188
Production agricole 100 103 117 112
Taux d'Inflation annuel   + 11, 8% - 0, 4% + 2%

 


1957

Le 25 mars 1957 signature du traité de Rome par les ministres des affaires étrangères des six  ( Allemagne, Belgique, France, Italie, Hollande, Luxembourg ) concernant l' Euratom et le Marché commun. Voir:(Les grandes dates de la construction européenne)

Algérie suite de février 1956
Le 7 janvier 1957 le général Massu obtient les pleins pouvoirs civils et militaires pour maintenir l'ordre en Algérie
Le 28 mars le général Jacques Pâris de Bollardière demande à être relevé de ses fonctions en protestation des méthodes employées en Algérie. Il approuve publiquement le livre « Lieutenant en Algérie » de son ex-subordonné JeanJacques Servan Schreiber.  Ayant rompu l’obligation de réserve , il est puni de 60 jours d’arrêt de forteresse. (Algérie suite en septembre 1957)
La première tranche d'exploitation du gaz de Lacq entre en service en avril 1957 avec une capacité de traitement et de production de 1 million de m3 de gaz par jour.

Le 23 avril Frédéric Joliot-Curie dénonce le danger des explosions nucléaires.
Alors que fin mars l'assemblée a approuvé la politique du gouvernement en Algérie, le 21 mai elle refuse les crédits nécessaires ce qui provoque la démission du gouvernement Guy Mollet.

 

Quatrième république
Gouvernement De Gaulle
Assemblées constituantes
Vincent Auriol
René Coty
Laniel
Mendes-France
Faure
Mollet
Bourgès-Maunoury
Gaillard
Pflimlin
De Gaulle
Cinquième république
4 - Gouvernement  de MAURICE BOURGES-MAUNOURY
du 12 juin 1957 au 30 septembre 1957

 

bourges_maunoury.jpg (23197 octets) Maurice Bourgès-Maunoury  ( 1914 - 1993 )

Maurice Bourgès-Maunoury est né le 19 août 1914 à Luisant (Eure et Loir), petit-fils de Maurice Maunoury, Député et Ministre de l'Intérieur de Poincaré.
Il entre à l'Ecole Polytechnique en 1935, est licencié en droit et diplômé de l'Ecole Libre des Sciences Politiques.
Il est fait prisonnier en juin 1940, il est rapatrié en 1941 comme ingénieur.
Maurice Bourgès-Maunoury prépare l'Inspection des finances et, en même temps, prend contact avec les éléments de la résistance. Fin 1942, il passe les Pyrénées pour rejoindre les Forces Françaises Libres. Retenu prisonnier en Espagne, il parvient à gagner Londres au début de 1943. A Londres, il suit les entraînements spéciaux et revient en France le 15 septembre 1943 par mission aérienne secrète
Il devient Délégué Militaire de la Région Rhône-Alpes, puis, après le départ de Mangin, Délégué Militaire National.

Il repart pour Londres fin avril 1944 pour rendre compte des résultats obtenus en France en vue du débarquement allié. Il est de nouveau parachuté en France dans la nuit du 6 au 7 juin 1944 comme Délégué Militaire pour la zone sud.
Après la libération de Lyon, début septembre 1944, il tente de rejoindre Paris pour rendre compte de la situation au général Koenig, mais il est blessé devant Monceau-Les-Mines. Il est alors transporté à l'hôpital du Creusot, ville encore occupée par les Allemands. Des saboteurs le ramènent à Lyon où il y est soigné à l'hôpital de Grange Blanche. Il y reçoit la Croix de la libération des mains du général De Gaulle.
Il est nommé sous-chef d'Etat-major de l'Armée jusqu'en juin 1945 puis Commissaire de la République à Bordeaux.
En 1946 il est élu Député de la Haute-Garonne ; il le sera de nouveau en 1951 et 1956.
De 1947 à 1948 Maurice Bourgès-Maunoury est Secrétaire d'Etat au budget avant d'être nommé Secrétaire d'Etat à l'Air et à la Guerre.
Ministre des Travaux Publics en 1950, il est, la même année nommé Secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil.
De 1951 à 1952 il est Ministre adjoint de la Défense Nationale puis, en 1952, Ministre de l'Armement. Ministre des Finances (1953), Ministre de l'Industrie et du Commerce (1954), Ministre des Forces Armées (1955), Ministre de l'Intérieur (1955-1956), Ministre de la Défense Nationale et des Forces Armées (1956-1957).
En 1957 Maurice Bourgès-Maunoury devient Président du Conseil (13 juin au 6 novembre) puis, jusqu'en 1958, Ministre de l'Intérieur.
Il abandonne ses activités politiques en 1960, et exerce des fonctions au sein du groupe de la Banque Rivaud.
Maurice Bourgès-Maunoury est décédé à Paris le 10 février 1993. Les obsèques religieuses ont eu lieu à Saint-Louis des Invalides le 15 février 1993, il est inhumé à Luisant (Eure et Loir).

Gouvernement de Maurice Bourgès-Maunoury  ( du 12 juin 1957 au 30 septembre 1957)

Finances et Affaires économiques Félix Gaillard Inspecteur des finances PRS Affaires sociales Albert Gazier SFIO
Affaires étrangères Christian Pineau Employé de banque SFIO Transports et Travaux publics Edouard Bonnefous Journaliste UDSR
Algérie Robert Lacoste Fonctionnaire  SFIO Outremer Gérard Jaquet Dr en médecine SFIO
Sahara Max Lejeune Professeur SFIO Anciens combattants André Dulin PRS
Education nationale François Billières Professeur PRS  
Justice Edouard Corniglion-Molinier Général URAS  
Intérieur Gilbert-Jules Avocat PRS  
Défense nationale André Morice Entrepreneur de Travaux publics PRS  

CNIP: Centre national des Indépendants et Paysans, MRP: Mouvement Républicain Populaire,  PCF: Parti Communiste Français,  PRS: Parti républicain, radical et radical socialiste, SFIO: Section Française de l'Internationale Ouvrière (Socialiste), URAS et ARS sont issus de l'éclatement du RPF Union des Républicains d'Action Sociale et Action Républicaine et Sociale

Algérie suite de mars 1957
- Le 12 septembre 1957 Paul Teitgen secrétaire général de la police à Alger, démissionne pour protester contre l'emploi de la torture par les parachutistes de Massu.
Le 13 septembre un projet de loi cadre pour l'Algérie est approuvé en conseil des ministres . Il réaffirme que l'Algérie fait partie intégrante de la France, prévoit un collège unique, la création de régions autonomes et l'institution d'organes fédératifs à Alger. le 30 septembre le projet est repoussé par 279 voix contre 253. L'opposition était composée essentiellement par les communistes, les poujadistes et les gaullistes. Le gouvernement Bourgès Maunoury démissionne. (Algérie suite en novembre 1957)

Le 4 octobre 1957 l'URSS lance son premier satellite Spoutnik 1. Il tourne à 900 km de la terre,   le monde entier reçoit le Bip Bip du satellite. Le 3 novembre Spoutnik 2 emporte une chienne Laïka 
 

Quatrième république
Gouvernement De Gaulle
Assemblées constituantes
Vincent Auriol
René Coty
Laniel
Mendes-France
Faure
Mollet
Bourgès-Maunoury
Gaillard
Pflimlin
De Gaulle
Cinquième république
 
5 - Gouvernement  de FELIX GAILLARD
du 6 novembre 1957 au 15 avril 1958

 

GAILLARD.jpg (57821 octets) Félix Gaillard  ( 1919 - 1970 )

Maurice Inspecteur des finances, résistant, il est l'adjoint d'Alexandre Parodi délégué général du GPRF en France en 1944.
Député Radical-Socialiste de la Charente de 1946 à 1970 il devient le ministre des Finances , des affaires économiques et du plan de Bourgès Maunoury en 1957. Il lui succède comme Président du Conseil le 6 novembre 1957.
Il constitue un gouvernement d'union nationale excluant les communistes. Après une dévaluation du franc de 20%, il s'efforce de rétablir l'équilibre des Finances publiques et parvient à faire voter la loi cadre sur l'Algérie le 31 janvier 1958.
Il ne parvient pas à empêcher les militaires de bombarder la base FLN de Sakiet Sidi Youssef en Tunisie le 8 février 1958.
Abandonné par les modérés, il démissionne le 15 avril 1958.
De 1958 à 1961 il est président du parti Radical Socialiste

Site des 1er ministres - http://www.archives.premier-ministre.gouv.fr/

Gouvernement de Félix Gaillard  ( du 6 novembre 1957 au 15 avril 1958)

Finances et Affaires économiques Pierre Pfimlin Avocat MRP Agriculture Roland Boscary-Monsservin Avocat CNIP
Affaires étrangères Christian Pineau Employé de banque SFIO Santé et Population Félix Houphouët-Boigny Dr en médecine RDA
Algérie Robert Lacoste Fonctionnaire  SFIO Affaires sociales Albert Gazier SFIO
Sahara Max Lejeune Professeur SFIO Travail et Sécurité sociale Jean Paul Bacon Syndicaliste MRP
Education nationale François Billières Professeur PRS Industrie et Commerce Paul Ribeyre Chef d'entreprise MRP
Justice Robert Lecourt Avocat MRP Transports et Travaux publics Edouard Bonnefous Journaliste UDSR
Intérieur Bourgès-Maunoury Polytechnicien PRS Reconstruction Logement Pierre Garet Avocat MRP
Défense nationale Jacques Chaban-Delmas Journaliste URAS Outremer Gérard Jaquet Dr en médecine SFIO
  Anciens combattants Antoine Quinson Ing des ponts CNIP

CNIP: Centre national des Indépendants et Paysans, MRP: Mouvement Républicain Populaire,  PCF: Parti Communiste Français,  PRS: Parti républicain, radical et radical socialiste, SFIO: Section Française de l'Internationale Ouvrière (Socialiste), URAS et ARS sont issus de l'éclatement du RPF Union des Républicains d'Action Sociale et Action Républicaine et SocialeRDA: Rassemblement Démocratique Africain

Le 14 et 15 Novembre les Etats Unis et la Grande Bretagne livrent des armes à la Tunisie
Le 15 novembre 1957 en réunion restreinte, Félix Gaillard, Chaban Delmas, Christian Pineau, Maurice Faure ( secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères) décide d'engager la France en coopération avec l'Allemagne dans la fabrication d'armes nucléaires. Le 25 novembre un protocole d'accord est signé entre la France, l'Allemagne et l'Italie à propos des applications militaires de l'énergie nucléaire. Il s'agit de développer une arme balistique sol-sol d'une portée de 2 800 km porteuse d'une tête nucléaire

Algérie suite de septembre 1957
Le 29 novembre la loi cadre pour l'Algérie est votée. le 19 janvier le navire yougoslave "Slovenja" est arraisonné au large d'Oran avec une importante cargaison d'armes. Le 8 février 11 bombardiers et 6 chasseurs français bombardent le village tunisien de Sakiet Sidi Youssef à quelques kilomètres de la frontière algérienne où est implanté un camp du FLN. Un samedi, jour de marché, 69 civiles sont tués et 130 blessés. Félix Gaillard ne désavoue pas le raid. Bourguiba demande l'évacuation des bases militaires françaises et saisit le conseil de sécurité de l'ONU. De son coté la France porte plainte contre la Tunisie pour l'aide aux rebelles algériens. Le gouvernement Gaillard accepte une mission de bons offices anglo-américaine. Le 10 mai le général Salan adresse au chef de l'Etat un message qui s'inquiète des rumeurs d'abandon de l'Algérie et s'interroge sur le comportement de l'armée dans une telle situation. (Algérie suite en mai 1958)


1958

1er janvier 1958 le traité de Rome entre en vigueur. Les institutions se mettent en place à Bruxelles. Louis Armand préside l'Euratom Voir:(Les grandes étapes de la création de la communauté européenne)

Le 1er février les Etats Unis lance leur premier satellite Explorer 1
A la société Sud Aviation qui deviendra en 1970 l'Aérospatiale commence la production de la Caravelle en 1958 qui se poursuivra jusqu'en 1973. Cet avion qui peut transporter de 80 à 130 passagers sur 1600 à 3400 km fut un véritable succès bien que vendu à seulement 280 exemplaires ceci, probablement, pour des raisons politiques. L'arrivée de de Gaulle au pouvoir et ses relations difficiles avec les Etats Unis n'y sont probablement pas étrangères. D'une grande fiabilité cet avion devait  concurrencer le Comet anglais qui vola de 1949 mais fut retiré de la vente en 1952  après plusieurs crash et le Boeing 707 qui vola à partir de 1954. Les compétences acquises par Sud Aviation fut une base pour la génération Air Bus . La Caravelle sera cependant utilisée par le CNES (Centre National d'Etudes Spatiales) pour des vols ZéroG de 1989 à 1995. Elle effectuera 130 vols et 4000 paraboles.
 

Le 15 avril 1958, Félix gaillard présente les résultats de la mission de bons offices , évacuation des troupes françaises de Tunisie et négociations sur la base de Bizerte. Félix Gaillard préconise l'acceptation des conclusions. S'y opposent notamment JM Le Pen (poujadiste), Pierre Montel, Pierre André et surtout Jacques Soustelle. le débat est marqué par un très fort anti-américanisme. Félix Gaillard est mis en minorité il démissionne et les caisses sont vides.
René Coty demande à Bidault de constituer un gouvernement mais le MRP s'y oppose. René Pléven a l'opposition de la  SFIO. René Coty dépêche le général Ganeval auprès de l'aide de camp du général De Gaulle pour demander à quelles conditions le Général accepterait l'investiture.  Le 9 mai , 3 semaines après la démission de Gaillard, après avoir sollicité René Billières, Jean Berthoin et Maurice Faure qui se sont récusés il sollicite Pierre Pfimlin. Coty reçoit la réponse de De Gaulle. Le Président doit lui en faire la demande par écrit, les partis doivent s'engager à voter l'investiture qui se fera en l'absence du général.
Le 13 mai 1958 à Alger , suite à l'exécution de 3 militaires français par le FLN une manifestation est organisée par les anciens combattants . Pierre Lagaillarde, leader des étudiants entraîne plusieurs milliers de manifestants vers le gouvernement général qui est mollement défendu par les CRS. Le bâtiment occupé , un comité de salut public est formé. Sur les instances de ses pairs Massu en prend la tête ; Il en informe le président de la République tandis que le général Salan demande des instructions
.
 

A trois heures du matin Pierre Pfimlin est investi

 

Quatrième république
Gouvernement De Gaulle
Assemblées constituantes
Vincent Auriol
René Coty
Laniel
Mendes-France
Faure
Mollet
Bourgès-Maunoury
Gaillard
Pflimlin
De Gaulle
Cinquième république
6 - Gouvernement  de PIERRE PFLIMLIN
du 13 mai 1958 au  28 mai 1958

 

Pflimlin.jpg (15637 octets)Site des 1er ministres - http://www.archives.premier-ministre.gouv.fr/ Pierre Pflimlin  ( 1907 - 1970 )

Il adhère au M.R.P., dès sa création en 1945, et est élu aux deux assemblées constituantes en 1945 et 1946.
Dès 1946, il est sous-secrétaire d’état au ministère de la santé publique et de la population puis sous-secrétaire d’état à l’économie nationale. En novembre 1946, il est élu député du Bas-Rhin (il le sera jusqu’en 1971). Il est ministre de l’agriculture dans huit gouvernements entre 1947 et 1951. Ensuite se succèdent, jusqu’en 1958, les portefeuilles dans la plupart des cabinets de la quatrième république : le commerce, l’Europe, la France d’outremer, les finances et les affaires économiques.
 Parallèlement, de 1956 à 1959, il est président du M.R.P.. Après la mise en minorité du gouvernement de Félix Gaillard, le 15 avril 1958, Pierre Pflimlin est pressenti, le 9 mai 1958, par le président Coty pour former un nouveau cabinet. Il obtient l’investiture dans la nuit du 13 au 14 mai 1958, après la formation à Alger d’un comité de salut public présidé par le général Massu.

Il démissionne le 28 mai et sa démission est officiellement acceptée le 31 mai par le président de la république, ce qui ouvre la voie à l’investiture de Charles de Gaulle le 1er juin. Il est l’un des quatre ministres d’état dans le cabinet De Gaulle jusqu’au 8 janvier 1959, date de la prise de fonction de président de la république par Charles de Gaulle. Il entre dans le premier cabinet Pompidou le 15 avril 1962, mais en démissionne le 15 mai à la suite d’une violente philippique de De Gaulle contre l’intégration européenne lors d’une conférence de presse tenue le même jour.
En plus de ses fonctions et mandats nationaux, Pierre Pflimlin est maire de Strasbourg de 1959 à 1983, président de la communauté urbaine de Strasbourg de 1967 à 1983 et président du conseil général du Bas-Rhin de 1951 à 1976.
De 1962 à 1965, il préside l’assemblée parlementaire du conseil de l’Europe.  En 1979, il est élu (au suffrage universel) au parlement européen, en devient le vice-président la même année et président de 1984 à 1987.
Retiré de la vie politique en 1987, auteur de « Mémoires d’un Européen » publié chez Fayard en 1991, Pierre Pflimlin meurt le 27 juin 2000.

Gouvernement de Pierre Pflimlin  ( du 13 mai 1958 au 28 mai 1958)

Vice président Guy Mollet
Ministre d'Etat Max Lejeune (SFIO)
Ministre d'Etat Félix Houphouët-Boigny (RDA)

 

Finances et Affaires économiques Edgard Faure Avocat PRS Agriculture Roland Boscary-Monsservin Avocat CNIP
Affaires étrangères René Pleven Directeur de société UDSR Santé et Population André Maroselli Administrateur de société (PRS)
Algérie André Mutter Avocat CNIP Travail et Sécurité sociale Jean Paul Bacon Syndicaliste MRP
Sahara Corniglion Molinier Général URAS Industrie et Commerce Paul Ribeyre Chef d'entreprise MRP
Institutions européennes Maurice Faure (à partir du 17/5) Professeur PRS Transports et Travaux publics Edouard Bonnefous Journaliste UDSR
Education nationale Jacques Guillaume Bordeneuve Avocat PRS Reconstruction Logement Pierre Garet Avocat MRP
Justice Robert Lecourt Avocat MRP Information Albert Gazier SFIO
Intérieur Maurice Faure  remplacé par jules Moch le 17/5 Professeur PRS (Faure) Polytechnicien Ing marine SFIO (Moch) Outremer André Colin Professeur MRP
Défense nationale Pierre de Chevigné Haut fonctionnaire MRP Anciens combattants Vincent Badie Avocat PRS

CNIP: Centre national des Indépendants et Paysans, MRP: Mouvement Républicain Populaire,  PCF: Parti Communiste Français, Parti républicain, radical et radical socialiste, SFIO: Section Française de l'Internationale Ouvrière (Socialiste), URAS et ARS sont issus de l'éclatement du RPF Union des Républicains d'Action Sociale et Action Républicaine et Sociale  RDA: Rassemblement Démocratique Africain. Le 14 mai à 8h le président Coty adresse un message aux militaires leur donnant l'ordre de "rester dans le devoir sous l'autorité du gouvernement de la République";
Le Parisien libéré titre "Au secours : de Gaulle"

Le 15 Mai à Alger en fin de matinée le général Salan se déclare solidaire des Algérois et fait acclamer le nom de de Gaulle qui se déclare "prêt à assumé les pouvoirs de la république"
Le 16 mai Guy Mollet s'inquiète d'un putsch qui pourrait amener soit une dictature militaire soit un front populaire livrant la France aux communistes instaurant un régime de type soviétique.  Le général de Gaulle annonce une conférence de presse pour lundi 19 . L'assemblée vote l'état d'urgence pour 3 mois. La police est mise en alerte.
Le 17 mai Jacques Soustelle parvient à gagner Alger où il est accueilli triomphalement.
Le 19 mai le général De Gaulle tient sa conférence de presse, en substance la constitution est mauvaise , il n'a pas l'intention de commencer une carrière de dictateur et en ce qui concerne l'Algérie sa recette est très vague "Ce qu'il y a de mieux à faire , et c'est même la seule chose à faire , c'est ce qui doit empêcher que l'Algérie ne s'écarte de la France, ce qu'elle ne veut absolument pas, et la France non plus" ?
le 22 mai Antoine Pinay se rend à Colombey-les-deux-églises pour s'enquérir des conditions que le général De Gaulle pose à son retour

Algérie suite de novembre 1957:
Le 24 mai des parachutistes venus d'Algérie débarquent en Corse et se rendent maître de l'île. Le parallèle est vite fait avec la libération de la France où un débarquement en corse avait précédé le débarquement sur la côte méditerranéenne. Algérie suite en janvier 1959

Plusieurs personnalités écrivent à De Gaulle, Guy Mollet, Vincent Auriol, lui demandant de désavouer les évènements d'Alger et le 27 mai Pflimlin à une entrevue secrète avec le Général, le Général refuse. Ce même jour il fait une déclaration dans laquelle il informe les Français qu'il a entamer le processus d'arrivée au pouvoir et qu'il a l'intention d'entrer en contact avec les généraux d'Alger. Bien que la Chambre vote la confiance à Pierre Pflimlin par 408 voix contre 165 , trois ministres modérés ayant quitté le gouvernement, celui-ci démissionne
René Coty consulte Vincent Auriol et dépêche André le Troquer président de l'Assemblée, et Gaston Monerville président du Sénat auprès de De Gaulle le 28 mai. Un grande manifestation se déroule entre Nation et République à l'initiative des partis de gauche pour la défense de la république et contre l'action des militaires en Algérie. En Tête Daladier, Mendès France, Mitterrand, Philip, Waldeck Rochet.
Le 29 mai dans un message au parlement René Coty informe qu'il a fait appel au "plus illustre des Français". Dans la soirée de Gaulle accepte la voie de l'investiture.
le 30 mai René Coty reçoit les chefs des partis, Vincent Auriol, Guy Mollet et Maurice Deixonne se rendent à Colombey. le Général admet que son gouvernement soit responsable devant l'assemblée. René Coty accepte alors la démission de Pierre Pflimin. Les Socialistes se prononcent pour l'investiture du Général par 77 voix contre 74.
 

 


Le Monde du 30 mai 1958


Le 1er juin à 15 heures le général de Gaulle se présente devant l'assemblée. A 21 h 15 le résultat du scrutin d'investiture est 329 pour et 224 contre 

Quatrième république
Gouvernement De Gaulle
Assemblées constituantes
Vincent Auriol
René Coty
Laniel
Mendes-France
Faure
Mollet
Bourgès-Maunoury
Gaillard
Pflimlin
De Gaulle
Cinquième république
7 - Gouvernement  de CHARLES DE GAULLE
du 1er juin 1958 au 8 janvier 1959

 


Présidents de la République - Succes du Livre

Charles De Gaulle  ( 1890 - 1970 )

Charles de Gaulle est né à Lille le 22 novembre 1890 d'un père Professeur de Lettres, Histoire et de Philosophie . Les ancêtres de la famille De Gaulle remonte jusqu'à l'année 1210 où Richard De Gaulle premier De Gaulle connu reçu des mains de Philippe Auguste le fief d'Elbeuf.
A sa sortie de Saint-Cyr en 1912 il a 22ans , il est affecté dans le régiment du colonel Pétain. Alors que d'autres sont généraux Pétain n'est que Colonel, il a déplu car à l'école militaire il a enseigné que le "feu tue" et que l'offensive à outrance à l'époque de l'artillerie n'est plus d'actualité.
Pendant la première guerre, De Gaulle est blessé à Dinant le 15 août 1914 il est nommé Capitaine, il s'enterre dans les tranchés avec son bataillon et le 2 mars 1916 dans les combats au corps à corps il reçoit un coup de baïonnette. Il se réveille prisonnier à Mayence il y restera 32 mois . Il deviendra en 1921 instructeur à Saint-Cyr . Puis ce sera l'école de guerre où De Gaulle va commencer sa vie de "militaire à part" . L'appréciation du Colonel sera " Gâte malheureusement d'incontestables qualités par son assurance excessive, sa rigueur pour les opinions des autres et son attitude de roi en exil"
Ses thèses en faveur de l'usage de véhicules blindés et de la guerre de mouvement trouvent peu d'écho, mais il se lie avec les adversaires du fascisme et des accords de Munich comme Léo Lagrange et Paul Reynaud dans le gouvernement duquel il occupe le poste de sous secrétaire d'État à la Guerre en juin 1940.
Il part à Londres au moment de la débâcle et, le 18 juin, sur la BBC, appelle les Français à continuer le combat.
En 1944, appuyé sur un mouvement de Résistance, il dirige un gouvernement provisoire où il préside à l'épuration et à une série de nationalisations.
Irrité par le poids des partis, il démissionne le 20 janvier 1946 mais son mouvement, le Rassemblement du Peuple Français, obtient des succès électoraux jusqu'au retrait de son chef, en 1953.
Il revient à la politique en tant que président du Conseil le 1er juin 1958 pour juguler l'insurrection algérienne. Il fonde alors une nouvelle République, dont la Constitution est approuvée par le peuple le 28 septembre.
Charles de Gaulle est élu président de la Vème République et travaille en priorité à résoudre le conflit algérien.
Dans la période de forte expansion des années 60, il se pose en champion de l'indépendance nationale face aux Etats-Unis (lancement de la force de dissuasion nucléaire, retrait de l'OTAN, ...) et se rallie à l'idée de l'intégration européenne.
Un vaste mouvement de contestation sociale ébranle son pouvoir en mai 1968, et l'oblige à dissoudre l'Assemblée nationale. Les élections sont un triomphe pour le parti au pouvoir, mais l'année suivante, lors d'un référendum portant sur la décentralisation et la limitation des pouvoirs du Sénat, le non l'emporte, ce qui amène le général de Gaulle à démissionner (28 avril 1969).
Il se retire à Colombey-les-deux-Eglises et commence à rédiger ses mémoires, qu'il poursuivra jusqu'à sa mort, le 9 novembre 1970.

Gouvernement de Charles De Gaulle  ( du 1er juin 1958 au 8 janvier 1959)

Délégué à la Présidence du conseil André Malraux
Ministres d'Etat Guy Mollet, Pflimlin, Houphouëte Boigny, Jacquinot

 

Finances et Affaires économiques Antoine Pinay (CNIP) Tanneur CNIP Agriculture Roger Houdet Ingénieur Supelec URAS
Affaires étrangères Maurice Couve-de-Murville Haut fonctionnaire Santé et Population Bernard Chenot Haut fonctionnaire
Sahara Max Lejeune Professeur SFIO Travail et Sécurité sociale Jean Paul Bacon (MRP) Syndicaliste MRP
Education nationale Jean Berthoin Haut fonctionnaire PRS Industrie et Commerce Edouard Ramonet Professeur CR
Justice Michel Debré Haut fonctionnaire URAS PTT Eugène Thomas (SFIO) Instituteur SFIO
Intérieur Emile Pelletier Préfet Transports et Travaux publics Robert Buron Economiste MRP
Défense nationale Charles De Gaulle Général Construction Pierre Sudreau Préfet
Armées Pierre Guillaumat Polytechnicien Information Jacques Soustelle Professeur Ethnologue URAS
Culture André Malraux Ecrivain Outremer Bernard Cornut Gentille Préfet
  Ancien Combattants Edmond Michelet Représentant de commerce MRP

CNIP: Centre national des Indépendants et Paysans, MRP: Mouvement Républicain Populaire,  PCF: Parti Communiste Français,  PRS: Parti républicain, radical et radical socialiste, SFIO: Section Française de l'Internationale Ouvrière (Socialiste), URAS et ARS sont issus de l'éclatement du RPF Union des Républicains d'Action Sociale et Action Républicaine et Sociale  RDA: Rassemblement Démocratique Africain, CR: Centre Républicain ( né d'une scission du parti radical

Le 2 juin l'assemblée reconduit les  pouvoirs spéciaux pour le nouveau gouvernement. Elle accorde à la suite les pleins pouvoirs pour le général De Gaulle pour une durée de 6 mois.. le lendemain un troisième texte est discuté, il concerne la révision de la constitution, le projet constitutionnel sera soumis à référendum . Il repose sur 5 points:
-  Le suffrage universel est la source du pouvoir
-  Le législatif et l'exécutif sont séparés
-  Le gouvernement est responsable devant l'assemblée
-  L'indépendance du pouvoir judiciaire est garantie
-  La constitution organise les rapports entre la République et les peuples associés.
Le 4 juin 1958, premier voyage de De Gaulle à Alger au cours duquel il prononcera le fameux "Je vous ai compris"
Pendant les mois qui suivent s'élabore la nouvelle constitution. Les travaux sont menés par Michel Debré garde des sceaux , les équipes ministérielles , des membres du conseil d'Etat . L'ensemble du processus est dirigé par le général De Gaulle qui le soumet  pendant la première quinzaine d'août au Conseil Consultatif Constitutionnel qui a été institué le 2 juin et qui est présidé par Paul Reynaud et qui comprend 39 membres , 16 issus de l'Assemblée, 10 du Sénat, 13 désignés par le gouvernement.
Le 3 juillet les 6 pays de la Communauté Economique Européenne (CEE) jettent les base de la Politique Agricole Commune (PAC)
Du 21 au 26 août, voyage du général De Gaulle. Il reçoit un accueil enthousiaste à Fort Lamy (maintenant N'Djamena), Brazzaville, Abidjan, Dakar et Tananarive. Il présente son projet de communauté qui ne verra jamais réellement le jour
Le 4 septembre , jour anniversaire de la proclamation de la 3ème République, présentation publique de la nouvelle constitution. Elle revalorise le rôle du Président de la République. Elu pour 7 ans par un collège de 80 000 grands électeurs ( l'élection au suffrage universel sera votée en 1962), il peut dissoudre l'Assemblée Nationale, détenir les pleins pouvoirs en cas de menace exceptionnelle (article 16) , soumettre à référendum certains projets de loi. Il nomme les ministres à commencer par le premier.
Résultats du référendum sur la constitution de la 5ème république française du 28 septembre 1958

Inscrits 26 603 464 % des suffrages exprimés
Votants 22 596 982
Abstentions et nuls 4 300 163  
OUI 17 668 790 79, 22
NON 4 634 511 20, 78

La question était posée également dans tous les territoires d'Outremer. En Algérie le OUI l'emporte avec 76, 26% des inscrits, Dans les 13 territoires d'Afrique noire et Madagascar c'est également un OUI à près de 80 % seule la Guinée de Sékou Touré refuse d'entrer dans la communauté, elle accède immédiatement à l'indépendance
On peut dire qu'à ce moment là, la 5ème république est née cependant, elle n'entrera véritablement en fonction qu'après l'élection du président de la république et la constitution d'un gouvernement
Le 1er octobre les gaullistes créent l'UNR ( Union pour la Nouvelle République ) à sa tête on trouve Jacques Soustelle, Michel Debré, Roger Frey, Jacques Chaban-Delmas, Albin Chalandon
Les Etats Unis créent leur agence spatiale la NASA
Le 3 octobre 1958, le général de Gaulle au cours de son 4ème voyage en Algérie fait connaître son plan pour l'Algérie dit plan de Constantine:
   - égalité des salaires avec la métropole
   - un dixième d'emplois publics réservés aux musulman
   - scolarisation de toute la jeunesse algérienne
   - création de 400 000 emplois nouveaux
   - distribution de 250 000 ha de terres arables mises en valeur
   - utilisation du gaz et du pétrole pour l'industrialisation du pays
   - construction de logements pour 1 million de personnes
Le 23 octobre le général appelle à la "paix des braves" mais ignore le GPRA ( Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) dont la création a été annoncée par Ferhat Abbas en septembre,   le 25, le FLN refuse.
23 et 30 novembre Première élections législatives

  % des votants Elus
 
Abstentions 22, 80  
Communistes 19, 21 10
SFIO 24, 37 40
Radicaux 35
UNR 20, 47 189
MRP 33, 30 57
CNIP (Indépendants et paysans) 132
Poujadistes extrême droite 2, 62  


Le 12 décembre Paul Delouvrier est nommé délégué général en Algérie à la place du général Salan . Le général Challe est nommé commandant en chef des forces en Algérie
21 décembre 1958 le général De Gaulle est élu Président de la République avec 78, 5 % des suffrages des 76 359 grands électeurs.
Adoption du plan Rueff-Pinay, il prévoit l'assainissement des dépenses publiques, la libération des échanges dans le cadre du Marché commun et surtout la création du nouveau franc (100 francs anciens = 1 nouveau franc), le franc est dévalué de 17,5%


Le Monde du 4 décembre 1959


Le 31 décembre création de l'Unedic et de l'Assedic

Précédentes: 1956 Informations économiques - 1957 - 1958 - Suivantes: 1960
PIB
Le PIB s'est élevé à 38,290 milliards d'Euros (Insee) en 1958 et 33,104 en 1957 soit un accroissement de 15,6%
 

     La guerre d'Algérie pèse dans le budget de l'Etat ( 28% en 1956 ) mais elle pose aussi des problèmes par la raréfaction de la main-d'œuvre. Le contingent est en Algérie, la durée du service militaire a été allongée, des classes déjà libérées ont été rappelées.
     Le 2ème plan arrive à échéance en 1957.  L' objectif de 4, 4% d'accroissement de la production agricole et industrielle est dépassé (5, 4%) mais des déséquilibres apparaissent ( inflation importante)
     Le 3ème plan est élaboré sous la responsabilité de Etienne Hirsh son successeur sera Pierre Massé en 1959. Les objectifs sont: croissance économique au rythme annuel de 4, 7%, rétablissement des grand équilibres intérieur extérieur, efforts en matière d'équipement collectifs notamment scolaires et sanitaires.
     Le blocage du canal de Suez en 1956 a conduit les compagnies maritimes à trouver d'autres routes pour le Pétrole du moyen orient et le charbon d'extrême orient. Ils contourneront l'Afrique par Le Cap mais avec des supertankers de 500 000 ou 1 million de tonnes et pour le charbon des Capsizes de 140 000 tonnes. de 56 à 58 le prix du charbon tombe de 17, 88$ à 3, 01$ la tonne. La chute des prix rend le charbon compétitif avec le pétrole malgré son  plus faible pouvoir énergétique (6 500 thermies la tonne contre 10 000 pour le pétrole)

  1938 1952 1954 1956 1958
PIB 100 146 160(+4, 8%/an) 189(+9%/an) 246(+15%/an)
Production Industrielle 100 145 159(+4, 8%/an) 188(+9, 1%/an) 213(+6, 6%/an)
Production agricole 100 103 117(+6, 8%/an) 112(- 2%/an) 116(+1, 8%/an)
Taux d'Inflation annuel   + 11, 8% - 0, 4% + 2% +15%
Offres d'emploi   30 000 6 500 40 000
Demandes d'emploi   100 000 250 000 100 000
Chômeurs secourus  

50 à 60 000

20 à 25 000

Production  automobile:

Année Production Parc
1920   236 000
1946 11 900 1 000 000
1949 115 000 1 250 000
1952 303 000 1 900 000
1955 553 000 2 300 000
1958 924 000 3 970 000

Le 1er janvier 1959, Batista le dictateur de Cuba, abandonné de tous s'envole pour les Etats Unis. Fidel Castro et ses barbudos prennent le pouvoir

 

27 mars 1955 premier vol de Caravelle, moyen courrier décidé en 51 il sera construit à 286 exemplaires . Il peut transporter 80 passagers à 800 km/h sur 1500 km.
Le 3 avril 1955 naissance de la station de radio Europe N°1
Le 15 septembre 55 les salariés de Renault obtiennent 3 semaines de congés payés
Citroën commercialise la DS19
18 mars 1956 création de l'INSA (Institut National des Sciences Appliquées) première école d'Ingénieurs avec admission sur dossier
En 1930 Wolfgang Pauli postule l'existence d'une particule légère inconnue que Enrico Fermi nommera Neutrino. En 1956 une équipe américaine menée par Frederick Reynes découvre effectivement le Neutrino. Reynes se verra attribuer le prix Nobel en 1995.
Le 19 septembre 1957 le Mirage 3 de Dassaut dépasse les 2000km/h
Le 21 novembre 1958 l'équipe du Professeur Mathé réussit la première greffe de moelle osseuse sur des scientifiques yougoslave irradiés accidentellement

 

 

QUI GOUVERNE CHEZ NOS AMIS ET/OU ENNEMIS

 
AU VATICAN
Pape Pie 12 (1939 - 1958)
GRANDE-BRETAGNE
Souverain George 6 (1936 - 1952 ) , Elisabeth 2 depuis 1952
Premier Ministre Winston Churchill (1951 - 1954), Anthony Eden (1954 - 1957), Harold Macmillan (1957 - 1963)
ESPAGNE
Dictateur Franco jusqu'en 1975
PORTUGAL
Président Oscar Carmona (1926 - 1951), Francisco Craveiro lopes ( 1951 - 1958), Americo Tomas ( 1958 - 1974)
Président du conseil  Antonio de Oliveira Salazar (1932 - 1968)
ETATS-UNIS D'AMERIQUE
Présidents Harry S. Truman (1945 - 1953), Dwight D. Eisenhower (1953 - 1961), Dwight D. Eisenhower (1953 - 1961)
ALLEMAGNE
Président Theodor Heuss (1949 - 1959), Heinrich Lübke (1959 - 1969)
Chancellier Konrad Adenauer ( 1949 - 1963)
AUTRICHE
Président Theodor Körner (1951 - 1957), Adolf Schräf ( 1957 - 1965)
Chancellier Julius Raab (1951 - 1957), Alfons Gorbach ( 1957 - 1964)
RUSSIE
Secrétaires du Comité Central du PC Nikita Khrouchtchov (1953 - 1964)
Présidents du conseil des ministres: Georges Malenkov (1953 - 1955), Nicolas Boulganine (1955 - 1964)
Présidents du Praesidium Soviet Suprème: Kliment Vorochilov (1953 - 1964)

 

 

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Présidence de  De Gaulle

 

Informations sur la fiche
Numéro 133/144
Numéro - 4ème République 5/5
Dernière révision 09/11/2015