LES GUERRES EN 2026


Dans la fiche Macron_2 nous avons passé en revue la guerre en Ukraine, et les guerres du Moyen Orient : Gaza, Liban, Iran, cette fiche vient en complément (voir la fiche Macron_2 les guerres)

Ces guerres nous préoccupent parce que nous sommes partie prenante, il faut savoir que, actuellement dans le monde,  une personne sur huit est désormais exposée à la guerre , selon l’Armed Conflict Location and Event Data (Acled), une organisation de référence en matière de collecte et d’analyse de données sur les conflits.
Dans le classement 2024 établi par l’Acled, l’Ukraine ne figure ainsi qu’à la treizième place des conflits les plus dangereux et violents, loin derrière le Mexique , miné par la violence des groupes criminels liés au narcotrafic, et la Birmanie déchirée par une guerre civile. le soudan devasté par une guerre civile qui s étend 13 millions de déplacés 30 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire

Soudan
C’est au Soudan qu’a lieu la guerre civile la plus meurtrière depuis 2023. Elle oppose les forces d’Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane, chef de l’armée soudanaise et dirigeant de facto du pays, aux Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire dirigé par Mohammed Hamdan Daglo (dit « Hemetti »). A l’origine, les deux hommes s’étaient alliés pour renverser le premier ministre de transition Abdallah Hamdok, en octobre 2021. Après ce coup d’Etat, des tensions sont rapidement apparues entre eux, notamment lorsque M. Al-Bouhrane a voulu reprendre la main sur les FSR  pour affaiblir son rival. La situation a dégénéré en conflit armé débute le 15 avril 2023, lorsque les FSR ont décidé d’attaquer l’aéroport international de Khartoum, la capitale, et le palais présidentiel. Depuis, le pays est divisé entre les forces loyales et les FSR, qui pilonnent depuis peu avec des drones la ville de Port Soudan, la capitale du gouvernement de fait, pourtant épargnée depuis le début du conflit.

Birmanie
 En Birmanie plus de 50 000 morts depuis 2021 , 3,5 millions de déplacés 18,6 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire  Une guerre civile menée sur par Min Aung Hlaing qui dénonce de prétendues fraudes électorales en 2020  qui avaient donné à Aung San Suu Kyi en partie graciee (Prix Nobel de la paix en 1991) un large avantage sur le parti contrôlé par l’armée.
La répression des manifestations et l’arrestation de nombreux dirigeants démocratiques ont conduit à la proclamation d’un gouvernement d’unité nationale en exil (NUG), qui lutte contre la junte grâce à son bras armé, les Forces de défense du peuple, aux côtés de plusieurs milices ethniques. Le violent séisme qui a frappé le pays en mars 2025 a aggravé la situation humanitaire déjà désastreuse. Malgré la « trêve » annoncée pour faire face à cette catastrophe naturelle, en Birmanie les raids aériens meurtriers se multiplient malgré la trêve instaurée depuis le séisme la junte continue de bombarder des territoires sous administration du NUG.. Les dégâts du séisme s’ajoutent à la cruauté de la junte : « Les gens sont comme anesthésiés, c’est un traumatisme après un autre »

République Démocratique du Congo
Trente ans que la République démocratique du Congo (RDC) n’est plus en paix. Après le génocide des Tutsi au Rwanda, en 1994, 2 millions de réfugiés, dont des miliciens génocidaires hutus, ont fui vers l’est du Zaïre (l’actuelle RDC). Cet exode a créé les premières tensions entre les différentes ethnies au sein du pays.
Depuis 2021, c’est le Mouvement du 23 mars (M23) qui sème la terreur dans l’est du pays. Cette faction rebelle, créée en 2012 et activement soutenue par le Rwanda, reproche notamment au gouvernement congolais ses liens avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda, un groupe armé actif dans l’est du pays et principalement composé de Hutus rwandais, dont d’anciens génocidaires.
Le M23 s’est emparé récemment de Goma et de Bukavu, les plus grandes villes de l’est du pays. Ses miliciens sont régulièrement accusés par les organisations de défense des droits humains de commettre des meurtres, des viols collectifs et de recruter des mineurs pour étoffer leurs rangs.

Mexique

Cela fait plus de trente ans que les violences liées aux cartels de drogue font des centaines de milliers de morts sur le territoire mexicain. Pendant longtemps, le Mexique n’a été qu’un point de passage pour acheminer des produits stupéfiants de la Colombie aux Etats-Unis. La puissance des gangs mexicains ne s’est développée qu’après la mort du baron de la drogue colombien, Pablo Escobar, en 1993. Le Mexique est alors devenu le leader du trafic de drogue sur le continent américain, avec le développement du cartel de Sinaloa, l’un des groupes mafieux les plus influents du monde.

Pour faire face à cette criminalité organisée et légitimer son pouvoir après une élection contestée, le président mexicain Felipe Calderon (2006-2012) avait déclaré une guerre sans merci aux cartels, en déployant 50 000 militaires. Cette politique du tout-sécuritaire s’est avérée contre-productive, en augmentant le nombre de victimes civiles et de disparus. Le président Andres Manuel Lopez Obrador (2018-2024) a pris un virage plus social dans la lutte contre la criminalité en s’attaquant aux causes de la violence, dont la pauvreté, tout en maintenant une présence militaire dans les rues.

Haïti

  • Plus de 15 000 morts depuis 2021 (Binuh)
  • 1,3 million de déplacés (OIM)
  • 6 millions de personnes nécessitant de l'aide humanitaire (OCHA)

Les crises sont multiples dans le pays le plus pauvre des Amériques. Les Haïtiens subissent depuis de nombreuses années les violences de bandes criminelles accusées de meurtres, de viols et d’enlèvements. Quelque 200 groupes armés sévissent dans le pays et contrôlent 80 % de la capitale Port-au-Prince, dans un contexte de grande instabilité politique (l’ancien président Jovenel Moïse a été assassiné en 2021, le premier ministre Ariel Henry a démissionné en 2024 et les autorités de transition peinent à organiser des élections).

Le niveau record de violence observé en 2024 – plus de 5 600 décès causés par la violence des gangs – ne se dément pas, avec 1 086 morts et plus de 60 000 personnes déplacées de force au cours des seuls mois de février et de mars 2025, selon les Nations unies

Brésil
 

    Plus de 700 000 morts depuis 2010 (gouvernement brésilien)
    525 000 déplacés (directs ou indirects) chaque année (Igarapé Institute,2018)
    Plus de 600 000 disparus depuis 2016 (FBSP)

Aucun territoire du Brésil n’est épargné par la violence, qui émane à la fois des organisations criminelles, des forces de l’ordre et des « milices » fondées par d’anciens policiers.

Dans le nord et le nord-est du pays, les conflits armés entre le Commando rouge et le Premier Commando de la capitale, les deux principaux gangs de narcotrafiquants, causent la mort de milliers de personnes chaque année.

La population civile paie aussi le prix de la brutalité des opérations policières antigangs : les homicides commis par la police ont crû de près de 190 % en dix ans, avec 6 393 personnes tuées par les forces de l’ordre en 2023 (principalement des jeunes et des personnes noires).

Enfin, les « milices », historiquement soutenues par l’ancien président Jair Bolsonaro (2019-2023), s’organisent en principe pour combattre les groupes criminels. Mais ceux-ci contrôlent par la force de vastes territoires (la moitié de l’agglomération de Rio de Janeiro, par exemple). Avec la complaisance des autorités, ils extorquent les populations, en appliquant des taxes illégales, et violentent les civils qui refusent de se soumettre à leur pouvoir.


 

Réalisé le 21 mars 2026

Document N° 192

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