LA PHYSIQUE ECLATE

congrès de physique Solvay en Belgique en 1911 et 1927

 Ernest Solvay était un richissime industriel, autodidacte passionné de sciences, inventeur d'un procédé de fabrication de la soude qui a fait sa fortune. Initiateur et mécène il réunissait à intervalles réguliers l'élite de la physique mondiale. Le premier des conseils Solvay s'est tenu en 1911 à l'hôtel Métropole à Bruxelles. Les 24 participants sont tous européens. Marie Curie Prix Nobel de Physique en 1903 et de chimie en 1911) est la seule femme outre celle-ci, y assistaient les Français Henri Poincaré, Paul Langevin, Jean Perrin (qui sera prix Nobel en 1926) et Louis de Broglie (Nobel en 1927) . Également présents le Britannique Ernest Rutheford, les Allemands Max Plank et Arnold Sommerfeld, et le Néerlandais Hendrik Lorentz qui menait les débats car parlant plusieurs langues  .

 

C’est dans cette salle, que fut écrite l’une des plus fameuses pages de l’histoire des sciences. Pendant quatre jours, entre le 30 octobre et le 3 novembre 1911, à l’invitation d’un industriel et philanthrope belge, Ernest Solvay, une vingtaine des plus brillants esprits du 20ème siècle ont empli ces murs d’ésotériques réflexions sur la nature profonde de la matière et de l’énergie, ouvrant la voie à la physique moderne – celle qui a donné l’électronique, l’informatique, l’Internet, la fission de l’atome et tant d’autres choses qui, pour le meilleur et le pire, ont façonné notre époque et façonneront les suivantes. Cette réunion mythique, le premier «Conseil Solvay», n’a pas seulement mis sur sa rampe de lancement une nouvelle physique. «Il a changé profondément la manière de faire de la science», dit le physicien et philosophe Etienne Klein (CEA)

 

 

Les imbéciles ne voient rien:
le 4 novembre 1911, de retour de Bruxelles, Marie Curie trouve, massée devant sa maison de Sceaux, un petit attroupement. Une foule hostile lui crie des insultes. Le quotidien nationaliste Le Journal, l’un des plus gros tirages de l’époque, vient de révéler en « une » sa liaison avec Paul Langevin. Elle est veuve depuis cinq ans, et Paul Langevin est séparé de son épouse, mais Fernand Hauser, l’auteur de l’article, n’en a cure. Il met tout à l’encan. Il aurait bien fait réagir les deux scientifiques mais, écrit-il, Mme Curie est introuvable, et nul ne sait où se trouve M. Langevin ». Alors qu’il peaufine son brûlot, les deux savants sont à Bruxelles, avec leurs pairs, à discuter des quanta.
Dans le lynchage qui se poursuit les semaines suivantes – en dépit de son second prix Nobel, annoncé le 7 novembre –, les lecteurs de journaux retiendront surtout que Marie Curie et Paul Langevin étaient, ensemble, dans un luxueux hôtel bruxellois…

« Aucun journal n’a parlé, à l’époque, du premier Conseil Solvay pour ce qu’il signifiait réellement pour l’avenir de la physique, rappelle Marina Solvay, arrière-arrière petite fille d’Ernest, et qui met la dernière main à un livre sur le sujet. Tout ce qu’on y a vu c’est une femme entourée d’hommes. »

Le 23 novembre, depuis Prague, Albert Einstein fait une belle lettre à la savante française, qui montre que le premier Conseil Solvay fut aussi le creuset de solides amitiés. Il se dit « furieux » du tort qui lui est fait. « Je me sens le besoin de vous dire combien j’ai appris à admirer votre intelligence, votre énergie et votre intégrité, et que je me considère chanceux d’avoir pu vous rencontrer personnellement à Bruxelles, ajoute-t-il. Si cette racaille s’occupe encore de vous, cessez simplement de lire ces sottises. Laissez-les aux vipères pour qui elles ont été fabriquées. »

Photo du congrès de physique Solvay en Belgique en 1927.  Au cours de ce cinquième congrès qui a lieu en 1927 la polémique entre Einstein et le groupe de Niels Bohr bat son plein. Einstein ne peut admettre la théorie quantique


Une belle photo d'Einstein

Fiche revue le 17/02/2010

Document N° 071

Réalisé à partir d'articles du journal Le Monde du 24 Août 2005 et du 1er décembre.

 

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